Hubert Robert, un peintre visionnaire

Jusqu'au 30 mai 2016

 

 

Le musée du Louvre rend hommage, du 9 mars 2016 au 30 mai 2016, à Hubert Robert, peintre des lumières du XVIIIe siècle, artiste au talent visionnaire.

 

Par MHL

Peintre, dessinateur et graveur français, Hubert Robert (1733-1808) a participé à la mode de la "ruine romantique". Peintre visionnaire, il sut par ses représentations de ruines, où la vérité architecturale et l'imaginaire se confondent, traduire une ambiance poétique qui inspira par la suite des poètes comme Victor Hugo, Chataubriand, Lamartine... et les peintres Turner et Friedrich... à l'aube du romantisme.

L'oeuvre d'Hubert Robert, bien qu' éclectique, est parfaitement cohérente. Le peintre, après avoir fait des études classiques, partit à Rome une dizaine d'années, sur les conseils de son professeur de dessin, Michel-Ange Glodtz, en compagnie d'Etienne-François de Choiseul, ambassadeur de France à Rome. Il y fréquenta les peintres Panini et Piranèse, ce dernier lui enseignant l'art de la ruine paysagère.

 

Il se lia d'amitié avec Fragonard qu'il rencontra après son admission comme pensionnaire au Palais Mancini. En 1760, L'abbé Saint-Non emmena Hubert Robert à Naples afin de lui faire visiter les fouilles de Pompéi, ce qui permit à l'artiste de se constituer une réserve importante de dessins dans laquelle il put se référer lors de la création de ses paysages.

 

De retour en France, en 1765, il connut rapidement un vif succès et ses créations picturales lui valurent le surnom de "Robert des Ruines". Bien que n'ayant jamais eu le prix de Rome, il fut reçu à l'Académie et reconnu comme peintre d'architecture. Diderot dira, après l'avoir remarqué à un Salon : "Nous attachons nos regards sur les débris d'un arc de triomphe, d'un portique, d'une pyramide,

d'un temple, d'un palais, et nous revenons sur nous-mêmes".

 

"Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, l'Antiquité gréco-romaine jouit d'un tel prestige que la notion même de ruines prend un nouveau sens.Témoin de la grandeur des civilisations, elles inspirent un profond respect et deviennent un sujet à part entière. Les savants les étudient, les artistes les représentent et les philosophes y puisent leurs sujets de méditation", nous dit Stéphanie Elhoudi-Cabane.

 

Dans les années 1770 à 1808, le peintre s'attellera à la peinture d'actualité. Bien que souvent imaginaires, ses nombreuses vues de Paris permettent néanmoins d'avoir, par leurs détails réalistes, une documentation précieuse sur la vie à la fin de l'Ancien Régime. Dans cette même période, la mode des jardins anglais se répandit et Robert fut nommé dessinateur des jardins du roi (1878). L' oeuvre "Versailles, vue des bains d'Apollon" (1777) immortalise le grand chantier d'embellissement du jardin de Versailles où présent et passé se mêlent. Il aménagea également les jardins de Méréville pour le marquis de Laborde et d'Ermenonville pour le marquis de Girardin.

 

En 1784, il se verra nommé Garde des tableaux du Muséum Royal. Afin de décorer un salon du château de Fontainebleau, il lui fut commandé en 1787 quatre vues des Antiquités du Languedoc : "le Pont du Gard", "la Maison Carrée", "les Arènes et la Tour Magne" à Nîmes, ainsi que "l'Arc de Triomphe et le Théâtre d'Orange". L' émergence de l'idée de patrimoine va prendre une importance croissante et Hubert Robert en sera l'un des précurseurs. 

Plongé dans la tourmente révolutionnaire, le peintre, emprisonné à Saint-Lazare en 1793, nous décrira la vie carcérale, la chute des symboles de la royauté, notamment la prise de la Bastille dont il peindra son démantèlement par les insurgés.

 

Il fut libéré après une détention de 10 mois et retrouvera la notoriété. En 1800, il fut nommé conservateur du Muséum National des Arts, futur musée du Louvre (ouvert en 1793). Dans l' oeuvre, " la Grande Galerie" (1885), il représente le musée tel qu'il le voit dans son imaginaire avec, entre autre, un éclairage zénithal; celui-ci sera réalisé un siècle plus tard. Une seconde oeuvre "une Galerie en ruine"  voit un personnage en train de peindre parmi les décombres. Comme dans ses nombreux tableaux de ruines, ceux-ci  sont animés par des personnages et des animaux, trait d'union entre la fin d'un monde et la continuité de la vie.

 

L'exposition réunit un ensemble exceptionnel et varié de 140 oeuvres (dessins, gravures peintures monumentales) issues des 

plus grands fonds patrimoniaux français et étrangers.

 

Commissaire (s): Guillaume Faroult. 

 

PRATIQUE :

 

Lieu : Musée du Louvre – Hall Napoléon, sous la pyramide – Place du Caroussel – 75001 PARIS.

Tél. : 01.40.20.53.17.

Métro : Ligne 1 – Arrêt Palais Royal-Musée du Louvre.

Bus : Lignes 21, 24, 27, 39, 48, 68, 69, 72, 81, 95.

Vélib' : Stations 1015 : 2 place A. Malraux – 1023 : 165 rue Saint-Honoré – 1014 : 5 rue de l’Echelle – 1013 : 186 rue Saint-Honoré.

Horaires : Tous les jours, sauf le mardi, de 9h à 18h. Nocturnes les mercredi et vendredi jusqu'à 21h45.

Prix entrée : 15€, billet unique donnant droit aux collections permanentes ainsi qu'aux expositions.

 

 

Jusqu'au 30 mai 2016.

 

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