Phèdre(s) à l'Odéon

théâtre du châtelet, passion,

 Jusqu'au 13 mai 2016

 

 

Jusqu’au 13 mai, Krzysztof Warlikowski remet le mythe de Phèdre à l’honneur au théâtre de l’Odéon 

 

 

Par Alexis Pierçon-Gnezda


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photo de répétition © Pascal Victor

Depuis l’Antiquité, les adaptations du célèbre mythe de Phèdre n’ont cessé de se succéder pour en proposer à chaque fois une nouvelle interprétation. On se souvient d’Euripide, de Sénèque, de Racine bien sûr ! La passion de Phèdre pour son beau-fils Hippolyte reste encore aujourd’hui un objet d’investigation pour beaucoup de traditions herméneutiques. Pas étonnant donc que la version de Racine soit l’une des pièces du répertoire classique les plus jouées en ce moment. Il ne faut pas sous-estimer néanmoins les nombreuses différences qui existent entre ces différentes adaptations au point. Ainsi, chez Euripide, Phèdre ne rencontre à aucun moment Hippolyte. C’est Sénèque, quelques siècles plus tard à Rome qui imaginera l’aveu – mortifère ! – de Phèdre, que reprendra d’ailleurs Racine. Moins connues sont peut-être les adaptations contemporaines. En 1996, Sarah Kane, avec sa pièce L’Amour de Phèdre tentait de moderniser le mythe. Dépressif et mélancolique devant l’hypocrisie du monde, Hippolyte chez Kane n’hésite à se donner à tous, ne refuse aucune étreinte, aucun contact. Son corps devient celui de tous pour mieux opposer un refus, plus souterrain et plus profond, à toutes choses, en ne donnant rien ! Krzysztof Warlikowski a donc décidé pour le théâtre de l’Odéon de « compiler » en quelque sorte ces différentes versions – celle également de Wajdi Mouawad, Une Chienne –  pour faire apparaître sur scène des personnages pluriels, et de fait souvent insaisissables ! Ce sont les oppositions et les juxtapositions inattendues qui dessinent, en négatif, toute la cohérence de la pièce qui ne s’emploie à question, pour notre propre temps, le désir, la passion amoureuse, le remords ou encore l’interdit. Une ou des Phèdre(s) donc incarnée(s) par Isabelle Huppert que l’on retrouve à l’Odéon après le succès des Fausses confidences en 2014. Warlikowski avait d’ailleurs dirigé l’actrice en 2010 dans Un tramway nommé désir.

Bien évidemment, on ne saisit toujours pas tout dans ce va-et-vient incessant entre les différentes adaptations qui n’est pas d’ailleurs sans une très grande fluidité. Ce n’est pas grave et il faut l’accepter car toute la pièce se trouve être sous le signe de la contradiction qui n’est finalement que complexité. Mais Phèdre(s) c’est aussi une pièce bachique où le disparate l’a emporté sur l’ordre du monde stable et serein. Warlikowski intègre notamment une danse orientale, ardente, de Rosalba Torres Guerrero sur un chant arabe de Norah Krief pour donner à sa pièce toute sa nature dionysiaque ! Dans un décor plutôt épuré, partout point le désir et crie le corps des personnages qui ont définitivement cédé à l’hybris. Isabelle Huppert, quant à elle, est au sommet de son art en passant d’un personnage à l’autre tout en restant unique !

 

À voir de toute urgence !

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Pratique :

 

Lieu : Théâtre de l’Odéon – Place de l’Odéon – 75006 Paris.

Tél. : 01.44.85.40.40

Métro : Lignes 4 et 10 – Arrêt Odéon.

RER : Ligne B – Arrêt Luxembourg.

Bus : Lignes 58, 63, 70, 86, 87 et 96.

Vélib’ : Stations 6016, 6017 et 6028.

Parkings : Rue Soufflot – Place Saint Sulpice – Rue de l’Ecole de Médecine.

Horaires : A 20h en semaine – A 15h le dimanche.

Tarifs : de 6€ à 40€.

 

Jusqu’au 13 mai 2016.

 

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Commentaires : 1
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