"À tort et à raison" au théâtre Hébertot

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 Jusqu'au 30 avril 2016

 

Michel Bouquet revient sur scène au théâtre Hébertot avec Francis Lambrail dans la pièce d’Arnold Harwood  À tort et à raison.

 

Par Alexis Pierçon-Gnezda


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Margaux Van den Plas, Francis Lombrail, Michel Bouquet - crédit photo © Lot

Nous sommes en 1946 à Berlin, en zone américaine, un an après la chute d’Hitler. L’Europe se relève, doucement, d’un épisode qui marquera désormais son histoire et son destin définitivement. En pleine période de dénazification, le commandant américain Steve Arnold est chargé d’instruire une enquête contre le célèbre Wilhelm Fürtwangler (1886-1954) qu’il accuse d’être resté à la tête de l’Orchestre philarmonique de Berlin sous Hitler. Horrifié par les camps de concentration qu’il découvre alors, Arnold, au nom de la vérité historique, est déterminé à prouver la culpabilité du célèbre chef d’orchestre malgré tous les témoignages qui l’innocentent d’une quelconque complicité avec le Führer. La confrontation qui s’engage entre les deux hommes oppose deux points de vue, deux conceptions du monde et de l’art irréductibles l’une à l’autre. Fürtwangler se défend de toute compromission. Il affirme être resté en Allemagne pour protéger la musique de son pays de la barbarie nazie. C’est un idéal artistique, la culture allemande qu’il a voulu défendre et préserver. D’une certaine manière, Fürtwangler a lui aussi résisté. A tort et à raison est une pièce troublante. Tout au long de l’échange entre les deux hommes, on ne peut manquer d’osciller entre ces deux conceptions, troublés et ébranlés dans nos certitudes. La pièce écrite par Ronald Harwood et créée pour la première fois en 1995 au Minerva Theater de Chichester en Angleterre est d’ailleurs inspirée du récit de cette enquête consigné par Fürtwangler dans son journal.

 

À 90 ans, inépuisable et toujours aussi passionné, Michel Bouquet revient sur scène dans le rôle du chef d’orchestre. Lui-même avait créé la pièce en 1999 au Théâtre Montparnasse avec Claude Brasseur pour partenaire. Cette fois-ci c’est Francis Lambrail, le directeur du théâtre Hébertot, qui incarne le commandant américain Steven Arnold. Tout au long de la pièce, Michel Bouquet parvient à faire corps avec le personnage de Fürtwangler, à lui donner une véritable consistance en en révélant tous les paradoxes, toutes les contradictions sans que le spectateur ne puisse arrêter à aucun moment un jugement définitif. Les moindres phrases et gestes de l’acteur sont pesés, ciselés, pour faire sens et révéler, à chaque fois, un nouvel aspect du chef d’orchestre. C’est une interprétation subtile et virtuose que nous offre là incontestablement Michel Bouquet qui confiait à Paris-Match en janvier dernier se sentir toujours aussi peu sûr de lui-même, dix-sept ans après : « On ne devient jamais familier avec un texte. Malgré mon âge, j’ai toujours l’impression d’être au début de ma carrière. A chaque pièce, je me dis que je ne sais rien, que je ne comprends rien à ce métier. Ne voyez pas de l’humilité dans mes propos mais, au contraire, un orgueil épouvantable ! »

 

Mise en scène : Georges Werler.

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Pratique :

 

Lieu : Théâtre Hébertot – 78 bis Boulevard des Batignolles – 75017 Paris.

Tél. : 01.43.87.23.23

Métro : Lignes 2 et 3 station Villiers.

Bus : Ligne 30 arrêt Rome ou Villiers – Ligne 53 arrêt Rome Batignolles – Ligne 66 arrêt Boulevard des Batignolles.

Parking : Parking de l’Europe Bd des Batignolles (Au-dessus des voies ferrées au niveau du métro Rome) – Parking Villiers 19, Avenue Villiers.

Horaires : Du mercredi au samedi à 21h – Le dimanche à 17h.

Tarifs : De 17€ à 50€.    

 

+ d'infos ici

 

Jusqu’au 30 avril 2016.    


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