L'atelier en plein air. Les impressionnistes en Normandie

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Jusqu'au 25 juillet 2016

 

À partir du 18 mars prochain, l’exposition L’Atelier en plein air au Musée Jacquemart-André revient sur la place si singulière de la Normandie chez les impressionnistes.    

 

Par Alexis Pierçon-Gnezda


Gauguin, Paul (1848-1903) Le Port de Dieppe, vers 1885 Huile sur toile, Manchester, Royaume-Uni, Manchester City Galleries © Manchester Art Gallery, UK / Bridgeman Images
Gauguin, Paul (1848-1903) Le Port de Dieppe, vers 1885 Huile sur toile, Manchester, Royaume-Uni, Manchester City Galleries © Manchester Art Gallery, UK / Bridgeman Images

On considère souvent l’impressionnisme comme un phénomène surtout parisien, qui dura deux décennies seulement, de 1863 à 1886. Les récentes recherches en histoire de l’art ont pourtant montré ces dernières années qu’il s’agissait là d’une vue quelque peu biaisée. C’est en 1820, en Angleterre, qu’est née cette véritable révolution picturale, lorsqu’on commença à privilégier comme modèle le paysage en plein air. Dès lors, nombreux furent les artistes à se rendre en Normandie, parmi eux Turner et Bonington.

 

C’est surtout la lumière chatoyante de la région, une mer parfois fracassante et idéale pour leur vision romantique du monde, qui les attirent. Au même moment, beaucoup de peintres français se rendent à Londres, remplaçant désormais Rome dans le fameux voyage initiatique. En fréquentant l’Ecole anglaise, ils découvrent alors la Normandie et se convertissent eux aussi au paysage en plein air. Une Ecole française ne tarde pas à naître, avec à sa tête Jean-Baptiste Camille Corot et Jean-Baptiste Huet. La Normandie devient un atelier de prédilection, que ce soit ses bocages ou ses milliers de kilomètres de côtes. Les générations se succèdent et à partir de 1860, le phénomène se cristallise pour donner naissance notamment à l’impressionnisme tel qu’on l’entend généralement.

 

Il faut dire que la Normandie occupe une position géographique stratégique, située à mi-chemin entre les deux capitales Paris et Londres. En quelques années à peine, la région connaît un véritable renouveau. On redécouvre en particulier son riche patrimoine architectural dont Isidore Taylor s’inspira dans ses Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France. Les premières lignes de chemin de fer reliant Paris à la Normandie sont par ailleurs parmi les premières à être construites. Toute l’aristocratie et la bourgeoisie commence à venir en villégiature dans les villes le long des côtes. Le rivage se transforme en plages où s’épanouit toute une sociabilité mondaine. Les stations balnéaires se multiplient et les premiers casinos font leur apparition. C’est une « civilisation des loisirs » qui naît alors dont les peintres se feront les fidèles témoins comme Monet avec son tableau Sur les planches de Trouville en 1870.

 

Les ports sont également très nombreux du Tréport à la baie du Mont-Saint-Michel. Les peintres deviennent moins sensibles à la mer pour fixer leur regard sur ce nouveau paysage humain. Dieppe, devenue station balnéaire en 1820, devient un lieu privilégié de rencontres pour tous les peintres, de Degas à Monet en passant par Renoir et Pissarro. En 1885, Paul Gauguin l’immortalise dans son Port de Dieppe en tentant d’en saisir tout le foisonnement lumineux. Ailleurs, sur la côte d’Albâtre, le flux et le reflux de la mer produisent de nombreuses et intenses variations chromatiques que cherchent à reproduire beaucoup d’artistes. Courbet, dès 1869, se lance d’ailleurs dans les séries pour surprendre et capter ce mouvement, avec notamment La Falaise d’Etretat.

            

Et Rouen finit ainsi peu à peu par occuper une place centrale dans l’imaginaire des artistes. « Ville aux cent clochers », célébrée par Hugo et immortalisée par Monet dans sa Rue de l’épicerie à Rouen, attire tous les paysagistes de cette époque. C’est « le paysage le plus splendide qu’un peintre puisse rêver » selon Pissarro. Ses changements atmosphériques continuels deviennent le régal de tous les peintres à la recherche d’effets fugitifs. Avec le passage des impressionnistes et d’importantes collections (François Depeaux, Léon Monet, Eugène Murer) l’Ecole de Rouen émerge représentée notamment par Albert Lebourg et Charles Angrand.

 

Pratique :

 

Lieu : Musée Jacquemart-André – 138, Boulevard Haussmann – 75008 Paris.
Tél. : 01.45.62.11.59.

Métro : Lignes 9 et 13, Stations Saint-Augustin, Miromesnil ou Saint-Philippe du Roule. 

RER : Ligne A, Station Charles de Gaulle-Étoile.

Bus : Lignes 22, 43, 52, 54, 28, 80, 83 84, 93.

Vélib': Station Rue de Berri.

Parking : Haussman-Berri, au pied du musée. 

Horaires : Tous les jours de 10h à 18h. Nocturnes le lundi jusqu'à 20h30.

Tarifs entrée : 12€ plein / 10€ réduit. 

 

Du 18 mars au 25 juillet  2016.

 

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