L'Étranger de Jean-Claude Gallotta

théâtre de la ville, les abbesses

 Jusqu'au 5 mars 2016

 

Du 23 février au 5 mars, Jean-Claude Gallotta met en scène L’Etranger d’Albert Camus au Théâtre des Abbesses.   

 

Par Alexis Pierçon-Gnezda


rencontre à castel gandolfo, théâtre la bruyère, paris

L’Etranger d’Albert Camus reste probablement l’une des œuvres les plus importantes du XXe siècle et aujourd’hui encore l’une des plus lues et commentées. Tout élève au moins une fois dans sa scolarité se trouve confronté à ce texte, troublant à bien des égards. On se souvient des premiers mots du roman, ceux du protagoniste Meursault, déconcertants : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas ». Un roman qui dans les années 1940 et 1950 incarna dans toute sa spécificité cette interrogation collective sur le défaut de sens qui marque l’existence, l’absurde. Le geste apparemment inexplicable de Meursault, assassinant un Arabe au bord de la mer en Algérie, suscita par ailleurs pendant longtemps un grand nombre de commentaires pour tenter de percer cette énigme.

 

C’est à l’occasion du décès de sa mère, en retrouvant des photos d’elle à Oran, que Jean-Claude Gallotta se replonge dans le roman de Camus. Bouleversé par cette lecture, il décide alors de le mettre en scène. Crée à Grenoble l’an dernier, c’est un spectacle émouvant et particulièrement intimiste que nous propose Gallotta. Il s’agissait pour lui, surtout, d’inventer un nouveau langage non pas pour adapter mais plutôt pour incarner sur scène ce roman. Un langage des corps donc qui n’est pas sans rappeler toute la douce sensualité méditerranéenne que Camus sut si bien retranscrire dans beaucoup de ses écrits. Dans une interview pour le site theatre-contemporain.net, Jean-Claude Gallotta déclarait à ce propos : « Le travail de chorégraphe est assez proche de celui de l’écrivain. Il s’agit d’inventer une langue, de construire un vocabulaire, d’essayer de débarrasser le genre de ses corsets anciens ».

 

Sur scène, on retrouve les trois danseurs permanents de la troupe du chorégraphe, le groupe Emile Dubois : Thierry Verger, Ximena Figueroa et Béatrice Warrand. Tout au long des spectacles, ils interprètent tour à tour tous les rôles : Meursault, Salamano et l’Arabe pour le premier, Marie, la mère, des prostituées et des fantômes féminins pour les deux autres. L’écriture d’Albert Camus a souvent été qualifiée d’« écriture blanche ». Sans fioritures ni effets de style, elle parvient à communiquer au lecteur tout ce qu’il doit savoir de manière efficace et sans ambages. Jean-Claude Gallotta a voulu lui trouver son répondant, une danse blanche, dépouillée de tout ornement stylistique, particulièrement épurée. Mais le danse est loin d’être seule sur scène. C’est un objet bien particulier, hétéroclite, qu’a su créer Gallotta. En voix-off, le chorégraphe à la manière d’Orson Welles ou de François Truffaut, lit des extraits du roman sur fond d’une musique originale du compositeur Strigall (Antoine Strippoli). Sur l’écran, se succèdent des extraits de films de Tarkovski et de Fellini mais aussi des objets décalés, détournés de leur usage premier, dans une finalité poétique. Tout un monde foisonnant apparaît alors, onirique, comme le panthéon personnel de Gallotta, suggéré par la lecture de L’Etranger.    

Pratique :

Lieu : Théâtre des Abbesses – 31, rue des Abbesses – 75018 Paris.

Tél. : 01.42.74.22.77

Métro : Ligne 12 stations Pigalle et Abbesses – Ligne 2 station Pigalle.

Bus : Lignes 30, 54 et 67 – Montmatrobus.

Parkings : Parking Clichy-Montmartre rue Caulaincourt – Parking Anvers place Anvers.

Vélib’ : Station 18004 2, rue de la Vieuville – Station 18042 36 boulevard de Clichy – Station 18114 35 rue Véron.

Horaires : Tous les soirs sauf le dimanche à 20h30.

Tarifs : De 10€ à 30€ la place.

 

+ d'infos & réservations ici

 

Du 23 février au 5 mars 2016    


Écrire commentaire

Commentaires : 0