"City of smile" à la galerie Argentic

 Jusqu'au 2 avril 2016

 

  Du 8 mars au 2 avril, la galerie Argentic présentera le travail du photographe Samuel Cueto à travers l’exposition City of smile.   

 

Par Alexis Pierçon-Gnezda


Samuel Cueto

La photographie documentaire et sociale connaît un certain regain d’intérêt depuis quelques années. Malgré l’effacement revendiqué du photographe et de sa subjectivité, on ne peut manquer d’éprouver toutefois un certain malaise à la vue de tels clichés. Sous couvert de réalisme, c’est un certain exotisme que l’on observe alors, laissant les populations photographiées dans une regrettable étrangeté. Comme si, finalement, en prétendant donner à voir d’autres réalités, pour les rendre visibles politiquement, on voulait les faire disparaître. Une mise à distance bien préjudiciable. Samuel Cueto semble avoir compris cela. Dans son exposition City of smile, à la galerie Argentic, c’est la Thaïlande dans ce qu’elle a de plus de quotidien qu’il nous invite à découvrir. Loin des images convenues que les touristes peuvent rapporter avec eux, Samuel Cueto a voulu s’immerger dans l’univers trouble des gangs, là même où se trouvent, mêlées, la prostitution, la violence et la drogue. Au fil de ses photographies, c’est un monde digne d’un roman de Jean Genet qu’il nous dévoile et comme l’écrivain, avec une incontestable générosité, sans aucun jugement moral ou monolithique. Il n’est pas rare par exemple de voir ces jeunes qui sombrent dans la violence aller s’agenouiller dans les temples bouddhistes. Samuel Cueto nous donne à voir la rencontre explosive, pour le moins contrastée, entre une spiritualité asiatique ancestrale et les coutumes des bandes américaines.

 

Bien évidemment, Cueto n’est pas le premier à avoir saisi par son objectif ces réalités qui nous semblent si lointaines. Beaucoup s’y sont essayés avant lui. Mais la force du photographe tient peut-être à sa volonté, tenace, de nous faire entrer comme en communion avec ceux qu’il photographie, d’éprouver un singulier sentiment d’empathie à leur égard. La photographie devient dès lors le médium indispensable pour effacer tout distance entre eux et nous. Là, plus aucun partage, entre le bien et le mal notamment ne saurait subsister. Tout nous incite au contraire à nous déprendre de telles catégories. Il y a seulement des hommes et des femmes, dans l’immédiateté de leur existence quotidienne, de leurs habitudes, avec leurs forces et leurs failles. Toujours le sourire sur ces visages mis à nu, et l’espoir, intact, qui point.  Le sol de nos certitudes devient rapidement friable, on se sent attirés par eux, nos semblables. C’est donc une éthique de l’acceptation de l’autre dans ce qu’il a de plus spécifique qui se développe tout au long de ces clichés, un devoir d’hospitalité inconditionnelle aurait dit le philosophe Jacques Derrida. Et par là même des leçons politiques à méditer, au regard de la situation politique et sociale actuelle. Ce sont ces réalités qui n’ont jamais voix au chapitre que réhabilite Cueto, qui devient ainsi leur passeur.

Samuel Cueto

Pratique :

 

Lieu : Galerie Argentic - 43 rue Daubenton - 75005 Paris.

Tél. : 01.40.69.96.00

Horaires : Ouverte du mardi au samedi de 15 heures à 19 heures.

Tarif : Entrée gratuite

Métro : Ligne 7 – Station Censier Daubenton.

Bus : Ligne 47 – Station Censier Daubenton.

Parking : Parking des patriarches.

Vélib' : Station n° 5034 - 21 rue Censier - 75005 Paris.

 

Jusqu'au 2 avril 2016

 

+ d'infos ici

 

Voir aussi : "Les grands noms de la photographie humanistes"

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Commentaires : 2
  • #1

    Cueto (mercredi, 24 février 2016 09:43)

    Merci pour cet ecrit.... Juste mon nom est cueto !!! Encore Merciiii

  • #2

    Paris My Dream (mercredi, 24 février 2016 10:06)

    Autant pour nous, avec toutes nos excuses, c'est corrigé ! Merci à vous.