La boîte de Pandore photographique

musée d'art moderne de paris

 Jusqu'au 17 juillet 2016

 

À partir du 25 mars prochain, le Musée d’art moderne nous proposera une nouvelle histoire de la photographie, conçue par l’artiste Jan Dibbets.    

 

Par Alexis Pierçon-Gnezda


Jan Dibbets, musée d'art moderne de paris
Jan Dibbets

À première vue, on pourrait se demander pourquoi consacrer une énième exposition à l’histoire de la photographie. Est-ce que tout, finalement, n’a pas été dit ? Il serait peut-être plus judicieux de continuer à se pencher sur des productions particulières et personnelles. Le Musée d’art moderne n’est pas de cet avis, et c’est tant mieux. L’exposition La Boîte de Pandore n’a pas pour objectif de retracer une simple histoire monotone en identifiant une succession de courants ou d’écoles. Le parti pris de Jan Dibbets, qui a été invité pour tenter une nouvelle lecture, est clair : il s’agit pour lui d’explorer les multiples potentialités techniques de la photographie. C’est un mot de Duchamp à Stieglitz qui pourrait résumer toute cette exposition : « Vous connaissez exactement mon sentiment à l’égard de la photographie. J’aimerais la voir conduire les gens au mépris de la peinture jusqu’à ce que quelque chose d’autre rende la photographie insupportable. » 

 

À rebours du développement croissant de la photographie documentaire, Jan Dibbets souhaite envisager un tel médium dans ses relations avec les autres arts visuels. Une telle approche implique paradoxalement de ne plus considérer la photographie comme un manque à être, ou un simple supplément mais comme ayant sa forme propre, ses spécificités irréductibles et intrinsèques. Redonner finalement à la photographie toute sa légitimité par rapport aux autres formes artistiques comme la peinture ou la sculpture.

 

Selon Dibbets, ce sont les scientifiques du XIXe siècle, en ayant inventé et perfectionné ce support, qui ont permis les innovations que l’on connaîtra au XXe siècle. Une grande place sera faite ainsi à Niepce ou encore à Etienne-Jules Marey qui mit au point la chronophotographie pour décomposer le mouvement dans les années 1890. Déjà, avec eux, apparaissait une nouvelle forme de vision et un langage inédit pour dire le monde, d’une autre manière. C’est donc un véritable continuum entre la technique et l’art qu’entend mettre en évidence l’artiste en s’émancipant des codes scénographiques et muséaux habituels.

 

Pour ce faire, Jan Dibbets nous présentera son petit panthéon personnel. On retrouvera notamment le travail de l’artiste américaine Bérénice Abbott. Proche des conceptions de Roland Barthes dans La Chambre claire, Abbott voyait dans la photographie cette possibilité de capter l’instant qui disparaît, pour l’éterniser, le « ça a été ». Pour cette exposition, Jan Dibbets a aussi sélectionné des œuvres d’artistes contemporains comme celles du photographe allemand Thomas Ruff. En ayant recours à des techniques numériques, Ruff efface de ses portraits toute particularité pour donner l’impression qu’ils sont reproduits en série. Ce sont des photographies standardisées, dénuées de toute expression, de tout sentiment qui permettent de comprendre comment la notion d’ « objet photographique » tend perpétuellement à sortir des frontières tracées. En ce sens la photographie est bien une boîte de Pandore par sa nature reproductible mais également en vertu des ressources inépuisables dont elle dispose !    

 

Commissariat de l’exposition : Jan Dibbets et François Michaud.

MAM, Paris

Pratique :

 

Lieu : Musée d'Art moderne de la Ville de Paris – 11, Avenue du Président Wilson – 75116 Paris.

Tél. : 01.53.67.40.00.

Métro : Ligne 9 – Stations Alma-Marceau et Iéna.

RER : Ligne C – Station Pont de l'Alma.

Bus : Lignes 32, 42, 72, 80, 82 et 92.

Vélib': 2, Avenue Marceau.

Horaires : Du mardi au dimanche de 10h à 18h – Nocturne le jeudi jusqu'à 22h.

Tarifs entrées : 9€ plein / 6€ réduit.

 

Du 25 mars au 17 juillet 2016

 

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