Chamanes et divinités de l'Équateur précolombien

 Jusqu'au 16 mai 2016

 

À partir du 16 février prochain, le musée du Quai Branly mettra à l’honneur la culture chamanique dans l’Équateur précolombien.   

 

Par Alexis Pierçon-Gnezda


affiche, exposition, chamanes et divinités, musée, quai branly

L’histoire reste trop souvent encore ethnocentrique. On s’imagine volontiers que les conquêtes occidentales auraient apporté la culture et la spiritualité aux peuples dits primitifs. C’est pourquoi l’ethnologie doit continuer à nous enseigner le relativisme. C’est ce même objectif que vise la prochaine exposition au Musée du Quai Branly, Chamanes et divinités dans l’Equateur précolombien.    

 

Avant la conquête espagnole de l’Equateur en 1532, la culture chamanique s’était en effet très largement développée en connaissant son apogée entre 500 avant JC et 500 après JC. La figure du chaman reste néanmoins empreinte d’une certaine ambiguïté. Qu’est-il vraiment ? un magicien ? un sorcier ? un médecin ? ou un religieux ? Un peu de tout cela, incontestablement. L’exposition nous permettra d’y voir plus clair. On peut dire qu’il est d’abord un intercesseur entre le monde des esprits et de la nature et l’humanité. C’est un être intermédiaire qui relie le monde céleste des astres, l’inframonde ou le monde intérieur, celui des défunts et des esprits, et le monde terrestre des humains et des animaux. Il est ainsi doté de pouvoirs surnaturels – une vision à très longue distance, le don de télépathie entre autres – qui en font un être exceptionnel dans toute communauté. On se souvient d’ailleurs des très belles pages de l’Anthropologie structurale I de Claude Lévi-Strauss, où se trouve relaté le combat du chaman cuna invoquant les divinités pour faire accoucher une parturiente. Entouré donc d’une certaine aura, le chaman est véritablement le dépositaire des croyances d’un groupe. 

 

Mais le chaman est aussi le lien véritable d’une communauté, il est comme son reflet et le garant de son identité. Ce sont ses attributions sociales qui permettent de saisir ce qu’il représente vraiment. Il préside ainsi aux rites, cérémonies et fêtes qui rythment la vie religieuse de la collectivité. En passeur de traditions, il transmet des valeurs philosophiques et spirituelles qui permettent de créer et de percevoir un monde bien ordonné politiquement et religieusement. C’est un véritable système philosophique et cosmique que transmet le chaman. Garant de l’ordre, il est ainsi doté d’une réelle autorité. Ce sont ces mêmes savoirs qui sont encore aujourd’hui légués aux peuples de l’Equateur.

 

L’exposition présentera des œuvres issues des quatre cultures de la côte équatorienne – Tolita, Bahia, Chorrera, Jama-Coaque –provenant des musées nationaux Guayaquil et Quito pour évoquer cette figure incontournable. C’est le contexte social et religieux qui sera tout particulièrement mis en évidence ainsi que les rituels sacrés mettant en œuvre ce savoir ancestral.

 

Commissaire de l’exposition : Santiago Ontanedo-Luciano (anthropologue et archéologue).

musée, quai branly, paris

Pratique :

 

Lieu : Musée du Quai Branly – 37 Quai Branly – 75007 Paris.

Tél. : 01.56.61.70.00

 

Métro : Ligne 6 arrêt Bir Hakeim – Ligne 8 arrêt Ecole Militaire – Ligne 9 arrêts Alma-Marceau ou Iéna.

RER : Ligne C arrêts Pont de l’Alma ou Champ de Mars – Tour Eiffel.

 

Bus : Ligne 42 arrêts Tour Eiffel ou Bosquet-Rapp – Ligne 63, 80 et 92 arrêt Bosquet-Rapp – Ligne 69 arrêt Champ de Mars – Ligne 72 arrêts Musée d’art moderne-Palais de Tokyo ou Alma Marceau – Ligne 82 arrêts Varsovie ou Champ de Mars – Ligne 82 arrêt Rapp-La Bourdonnais. Vélib’ : Station 7022, 3, avenue Bosquet – Station 7023, Quai Branly.

 

Autolib’ : 24 avenue d’Iéna – 1 avenue Marceau.

Batobus : Arrêt Tour Eiffel.

Parking : Parking Georges V 10 avenue Georges V – Parking Joffre Ecole Militaire 2, place Joffre.

Horaires : Mardi, mercredi et dimanche de 11h à 19h – Jeudi, vendredi et samedi de 11h à 21h.

Tarifs : 9€ plein / 7€ réduit.

 

+ d'infos ici

 

Du 16 février au 16 mai 2016

 

Écrire commentaire

Commentaires : 0