François Kollar, A Working eye

 Jusqu'au 22 mai 2016

 

À partir du 9 février prochain, le Jeu de Paume consacrera une rétrospective au travail du photographe François Kollar (1904-1979).

 

Par Alexis Pierçon-Gnezda


François Kollar, enseignes lumineuses, photographie
Aux sources de l‘énergie. Enseignes lumineuses. Paris 1931 - François Kollar - © François Kollar / Bibliothèque Forney / Roger-Viollet

François Kollar représente vraiment ce qu’on l’appelle aujourd’hui, dans le jargon de la sociologie, un « transfuge de classe ». Né en 1904 en Slovaquie, il fut d’abord un modeste employé des chemins de fer. C’est en 1923 que commença son périple. Il quitta alors son pays pour s’installer à Paris et devenir tourneur sur métaux aux Usines Renault de Boulogne-Billancourt. Rien d’extraordinaire jusqu’à là, si ce n’est l’itinéraire d’un jeune homme exilé dans une Europe d’après-guerre encore loin d’être stabilisée. Mais c’est, par la suite, une riche expérience en tant que chef de studio aux imprimeries Draeger de Paris qui va alors constituer pour Kollar un véritable levier. En autodidacte, il décide alors de se lancer dans la photographie et ouvre son propre studio en 1930.

 

La production de Kollar est volontiers composite. Ce sont ses différents axes de travail que l’exposition au Jeu de Paume tentera de mettre en évidence. Il fut déjà un photoreporter reconnu fréquentant tout ce que le microcosme parisien pouvait compter de célébrités. Il travailla surtout pour des agences de publicité et des marques de luxe. Une mise en valeur personnelle des modèles, sa grande sensibilité à la matière et la lumière semblent avoir véritablement séduit. C’est ainsi qu’il photographia les modèles et les publicités de grandes maison comme Hermès (Machines à écrire), Molyneux ou Oméga. Toutes ses photographies témoignent d’ailleurs d’une grande créativité, toujours renouvelée. Kollar travailla tous azimuts sur le contrejour, la double-expression ou la solarisation, à la recherche perpétuelle de la forme parfaite. Les grands noms de la mode de l’époque le savaient bien et n’hésitèrent pas d’ailleurs, comme Coco Chanel ou Pierre Balmain, à se glisser devant son objectif !

 

Toutes ses photographies illustrent véritablement l’esprit de l’époque mais aussi un certain avant-gardisme dans une quête incessante d’expressivité. N’oublions pas que la presse illustrée connaissait alors un prodigieux développement avec L’Illustration, VU, Voilà ou encore Plaisirs de France.

 

Mais c’est peut-être par l’une de ses commandes que l’on pourra découvrir tout le talent de François Kollar. Après avoir exposé en 1930 à l’Exposition internationale de photographie de Munich, aux côtés de Germaine Krull et André Kertész entre autres, les éditions Horizons de France lui commandèrent une importante série qui deviendra La France au travail. De 1931 à 1934, Kollar explora tous les secteurs d’activité : l’agriculture, l’aviation, l’artisanat, l’industrie…Familier du monde du travail en raison de sa propre expérience, il montra comment l’individu s’intègre forcément dans la société par le biais du travail. On ne peut que prendre conscience, en contemplant ses clichés aujourd’hui, des nombreuses mutations qui ont complètement bouleversé le monde industriel en l’espace de quelques décennies.

 

130 tirages seront ainsi réunis pour cette occasion, dont de nombreux inédits, et permettront de découvrir l’itinéraire d’un photographe fortement ancré dans son époque.

 

Commissaires de l’exposition : Matthieu Rivallin (Chargé de collections, Médiathèque de l‘architecture et du patrimoine, Paris) et Pia Viewing, (Commissaire — chercheuse, Jeu de Paume, Paris).

Pratique :

 

Lieu : Jeu de Paume – 1, Place de la Concorde – 75008 Paris

Tél : 01.47.03.12.50

Métro : Lignes 1, 8, 12 – Station Concorde

Bus : Lignes 24, 42, 72, 73, 84, 94

Horaires : Le mardi de 11h à 21h, du mercredi au dimanche de 11h à 19h

Tarifs entrées : 10€ plein / 7,50€ réduit

 

Du 9 février au 22 mai 2016.

 

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