Fernell Franco. Cali Clair-obscur.

 Jusqu'au 5 juin 2016

 

  À partir du 2 février prochain, se tiendra à la Fondation Cartier pour l’art contemporain la première rétrospective européenne consacrée au travail du photographe colombien Fernell Franco.   

 

Par Alexis Pierçon-Gnezda


Fernell Franco, Fondation Cartier

Fernell Franco est né en 1942, en Colombie. Enfant lors de la guerre civile qui déchire le pays de 1948 à 1953, la Violencia, il fuit la campagne, comme beaucoup de familles, pour la ville de Cali et ses quartiers pauvres. C’est là sûrement qu’a lieu sa première rencontre avec la culture populaire et urbaine qui restera centrale tout au long de son travail.

 

Photoreporter pour El País et Diarrio Occidente, Fernell Franco ne va pas tarder à réaliser ses premières séries photographiques, toujours autour de cette ville, Cali, qu’il ne quittera plus. Ce centre urbain, avec l’arrivée massive des réfugiés de la guerre civile, connaît alors une véritable explosion démographique et économique. C’est cette réalité grouillante et bigarrée que Franco va tenter de capter avec son objectif, inlassablement. Pour ce faire, il développe son propre langage visuel, volontiers suggestif, qui le démarque nettement de la photographie documentaire sociale qui domine alors en Amérique latine. C’est un style expressif où l’on retrouve, comme un motif, un contraste perpétuel entre le clair et l’obscur. Franco fut d’ailleurs particulièrement influencé par les films noirs américains et le cinéma néoréaliste italien. Toutes ses productions se caractérisent par une forte dimension cinématographique, un véritable mouvement avec une temporalité propre et des éléments de narration.

 

C’est incontestablement un univers marginalisé, populaire et interlope que l’on retrouve dans chacune des photographies de Fernell Franco. Cette réalité, il n’hésite pas à nous la restituer à travers sa propre perception, personnelle et subjective. 

 

Prostitutas, de 1970, est sans doute l’une de ses plus célèbres séries. Franco immortalise l’existence quotidienne de jeunes filles dans l’une des dernières maisons closes de la ville de Buenaventura. C’est une impression de répétition mécanique et d’enfermement qui se dégage alors.

 

Le photographe développa également tout un questionnement autour de la mémoire collective. Dans la série Demoliciones, il prend pour cible les bâtiments en ruine de la ville de Cali. Il s’agit pour lui de montrer comment le trafic de drogue en vient à détruire le patrimoine architectural de la ville. Fernell Franco peut ainsi mettre en évidence les difficultés de transmission de cette mémoire collective, de ce socle commun.

 

L’exposition qui réunit 140 photographies issues de dix séries différentes – réalisées entre 1970 et 1996 – permettra de découvrir l’œuvre hétéroclite d’un photographe injustement méconnu en Europe.  

 

Commissaires de l’exposition : Alexis Fabry et María Wills Londoño

 

Fondation Cartier

Pratique :

 

Lieu : Fondation Cartier pour l’art contemporain – 261, Boulevard Raspail – 75014 Paris.

Tél. : 01.42.18. 56.50

Métro : Lignes 4 et 6 – Stations Raspail et Denfert-Rochereau.

RER : Ligne B – Station Denfert-Rochereau.

Bus : Lignes 38 et 68.

Vélib' : Station n° 14003 - 2, rue Victor Schoelcher - 75 014 Paris.

Horaires d’ouverture : Du mardi au dimanche de 11h à 20h – Nocturne le mardi jusqu’à 22h.

Tarifs entrées : 10€ plein / 7.50€ réduit.

info.reservation@fondation.cartier.com

 

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