Le nouveau musée Rodin

 

 

 Après un vaste chantier de rénovation qui s'est achevé fin 2015, l'Hôtel Biron -qui abrite le musée Rodin-, a fait peau neuve et offre à ses visiteurs un nouveau parcours, de nouvelles oeuvres et l'ouverture de nouvelles salles.   

 

Par Jocelyn Languille


Le musée Rodin a réouvert ses portes. Depuis novembre 2015, les amateurs de sculpture moderne peuvent apprécier une nouvelle muséographie avec des oeuvres inédites à découvrir.

 

"Vous devriez, cher grand ami, voir ce beau bâtiment et la salle que j'habite depuis ce matin. Ses trois baies donnent prodigieusement sur un jardin abandonné, où on voit de temps en temps les lapins naïfs sauter à travers les treillages comme dans une ancienne tapisserie" - Rainer Maria Rilke le 31 août 1908.

 

L'hôtel Biron était une maison d'éducation pour jeunes filles de l'aristocratie appartenant à la congrégation du Sacré Coeur de Jésus. La loi 1904 ayant passé par là et les congrégations enseignantes n'étant plus autorisées, le bâtiment fût mis en location dans l'attente d'une décision officielle, pour le plus grand bonheur de jeunes artistes qui pouvaient y travailler pour un loyer dérisoire et y croiser Henri Matisse, la danseuse Isadora Duncan ou encore le poète Jean Cocteau.

 

L'exposition universelle de 1900 qui va asseoir sa réputation est un tournant pour Rodin. À cette occasion, il n'hésita pas à se faire construire un pavillon place de l'Alma (qui sera reconstruit à Meudon) pour y présenter ses oeuvres : 168 sculptures -dont la Porte de l'enfer-, 128 dessins et 71 photographies. Les commandes affluent : Hambourg, Dresde, Budapest, Philadelphie La Pensée, Copenhague lui achètent pour 80 000 francs d'oeuvres d'art. Sa notoriété va dépasser les frontières et Rodin sera promu commandeur de la Légion d'honneur en 1903. Dès 1908, sur le conseil de son ami poète et secrétaire personnel Rainer Maria Rilke, Rodin investit peu à peu l'hôtel Biron. Ici, Rodin s'enfermait dans l'un des salons ovales pour dessiner principalement des nus. Mais il y recevait surtout admirateurs, collectionneurs ou journalistes. Le sculpteur possédait des ateliers à Paris et à Meudon dans lesquels il employait une quarantaine d'artisans.

 

C'est le 24 décembre 1916 que le parlement vota l'établissement du musée Rodin à l'hôtel Biron, la contrepartie étant la donation de la totalité de ses oeuvres à l'État. Le musée n'ouvrira que deux ans après la mort d'Auguste Rodin, le 4 août 1919.

 

La sculpture au coeur de la rénovation.

 

La rénovation de l'hôtel Biron s'est déroulée de 2012 à 2015. La Directrice du musée, Catherine Chevillot explique ses différents aspects : "Retrouver la particularité des ambiances lumineuses, chaleureuses et mouvantes, favoriser la confrontation personnelle du visiteur avec l'objet, voilà quelles ont été mes premières priorités. La sculpture était au coeur du projet de création du musée d'Auguste Rodin. Elle est au coeur du nouveau musée Rodin".

 

Les architectes n'ont pas été au bout de leur surprise lors de la rénovation -colossale- de l'hôtel Biron. En effet, son état devenait même préoccupant. Toiture, charpente, menuiseries, boiseries et parquets ont été restaurés. Les aménagements et travaux successifs des dernières décennies cachaient de nombreuses anomalies et le bâtiment, considérablement fragilisé et dégradé devenait dangereux.

Le mobilier muséographique a lui aussi été repensé. En chêne massif, d'un style épuré, ce dernier s'accorde avec les parquets. Les couleurs murales élaborées par le coloriste Farrow&Ball contrastent davantage et mettent en valeur les oeuvres. Des travaux qui s'élèvent à 16 millions d'euros soutenu par l'État à hauteur de 49%.

 

Sur deux niveaux, le public peut déambuler dans les différentes salles dont une consacrée à Camille Claudel avec qui le sculpteur entretint une relation intime et artistique de 1882 à 1892. Deux nouvelles salles ont été ajoutées : la première, reconstituée d'après des photographies de l'époque évoque la présence de Rodin à l'hôtel Biron. Meublée de façon hétéroclite, le paravent au décor végétal datant de la fin du XIXème siècle nous rappelle les séances de pose des modèles.

La seconde et avant-dernière salle est consacrée à la passion de Rodin pour l'art Antique dont il était un collectionneur acharné. Cent-vingt trois antiques de la collection de Rodin ont été sortis des réserves pour être confrontés à une des oeuvres clé du sculpteur, L'homme qui marche, qui fait écho aux figures de l'Antiquité mutilées par le temps.

Pratique :

 

Lieu : Musée Rodin - 77, rue de Varenne - 75007 PARIS

Tél. : 01.44.18.61.10

Métro : Ligne 13 - Station Varenne / Lignes 13 ou 8 - Station Invalides.

Bus : 69, 82, 87, 92.

Parking : Boulevard des Invalides.

Vélib' : 9, boulevard des Invalides.

Horaires : du mardi au dimanche de 10h à 17h45 (nocturne le mercredi jusqu'à 20h45).

Tarifs : Plein 10€ / Réduit 7€

 

+ d'infos ici

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Télérama propose un hors-série très complet sur la vie et l'oeuvre de Rodin. Celui-ci situe Rodin dans son époque. Un artiste à part qui ne se reconnaît que dans le travail de Jean-Baptiste Carpeaux qui lui insuffla une exubérance dynamique le distinguant des autres. Une chronologie qui retrace la vie du sculpteur jusqu'à sa mort en 1917. Un entretien scénarisé avec Rodin a été réalisé sur la base d'écrits ou de propos du sculpteur.

Sont évoquées ses relations avec d'autres artistes comme Monet, encore peu connu à l'aube de ses cinquante ans. Rodin, en acceptant d'exposer avec le peintre, va lui offrir la visibilité qu'il a longtemps espéré.

La relation de confiance que Rodin développa avec un de ses collaborateurs, Antoine Bourdelle. Ce dernier, spécialisé dans la taille de pierre et plus précisément le marbre fera ses armes aux côtés de Rodin jusqu'à ce qu'il s'affranchisse du maître. La romance tumultueuse, relation à la fois artistique et sentimentale avec Camille Claudel est aussi racontée.

On y découvre les lieux où Auguste Rodin travaillait et bien sûr l'hôtel Biron jusqu'à la seconde vie du musée qui vient de réouvrir.

 

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