Les grands noms de la photographie humaniste à la galerie Argentic

 Jusqu'au 5 mars 2016

 

 La galerie Argentic consacre une exposition aux plus grands noms de la photographie humaniste : Willy Ronis, Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Édouard Boubat... leur clichés vous feront replonger dans le Paris des années 40 à 60.   

 

Par Jocelyn Languille


Roger Schall
Boulevards, Roger Schall - 1935

On les appelait humanistes car l'homme était au centre de leur vision. Une vision essentialiste, lyrique, qui s'appuie sur l'idée d'une nature humaine et universelle.

 

La photographie humaniste est un courant qui apparaît dans les années 30 et qui connait son apogée après la seconde guerre mondiale. La France est alors en pleine reconstruction et les photographies issues de ce courant sont un précieux témoignage de l'évolution et de la modernisation du pays. Bouleversements urbains mais aussi sociaux. Alors que la moitié de la population est rurale après la guerre, celle-ci va considérablement se tertiariser avant la fin des Trente Glorieuses.

 

Les photographies issues du courant humaniste constituent une imagerie nationale, "un musée des nostalgies urbaines" selon Régis Debray (L'Oeil naïf, Édition du Seuil, 1994). Celles-ci révèlent un Paris poétique et parfois fantasmé, à travers des scènes banales du quotidien. Et même si les photographes humanistes entendaient privilégier le fond sur la forme en bannissant tout artifice technique ou modifications en laboratoire, ils ne laissaient néanmoins rien au hasard en terme d'esthétique, de composition, de lumière et de cadrage.

 

«Nous sommes des artisans

qui livrons aux revues illustrées

leur matière première»

 

Faut-il préciser que la photographie triomphe dans la presse dans le milieu des année 30. C'est même la matière première de la presse illustrée selon Henri Cartier-Bresson : « Entre le public et nous il y a l’imprimerie qui est le moyen de diffusion de notre pensée ; nous sommes des artisans qui livrons aux revues illustrées leur matière première » écrivait-il en 1952 dans « L’instant décisif », Images à la sauvette.

 

Les photographes répondent à des commandes aussi bien de la presse française qu'internationale et travaillent pour de grandes agences à l'instar de Rapho ou Magnum. La presse anglo-saxone, friande de photographies accrocheuses et répondant aux stéréotypes, a probablement influencé le travail des photographes afin de satisfaire à ses exigences, comme l'expliquait Henri Cartier-Bresson: « Le magazine diffuse ce qu’a voulu montrer le photographe, mais celui-ci risque aussi quelquefois de se laisser façonner par les goûts et les besoins du magazine ». En France, après l'horreur de la seconde guerre mondiale, c'est l'État qui a souhaité reconstruire une imagerie nationale consensuelle et "pittoresque"; une vision nostalgique de la douceur de vivre.

 

De Willy Ronis à Sabine Weiss en passant par Édouard Boubat et Roger Schall, près d'une quarantaine de tirages vous sont présentés dans cette exposition. Une sélection certes restreinte mais un choix très audacieux qui vous permettra d'apprécier quelques uns des plus beaux clichés dans l'histoire du courant humaniste.

 

Jean-Claude Gautrand
C’est Baltard qu’on assassine. © Jean-Claude Gautrand. Courtesy Galerie Argentic.

Pratique :

 

Lieu : Galerie Argentic - 43 rue Daubenton - 75005 Paris.

Tél. : 01.40.69.96.00

Horaires : Ouverte du mardi au samedi de 15 heures à 19 heures.

Tarif : Entrée gratuite

Métro : Ligne 7 – Station Censier Daubenton.

Bus : Ligne 47 – Station Censier Daubenton.

Parking : Parking des patriarches.

Vélib' : Station n° 5034 - 21 rue Censier - 75005 Paris.

 

Jusqu'au 30 janvier 2016

 

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