Bettina Rheims à la Maison Européenne de la photographie

 Jusqu'au 27 mars 2016

 

À partir du 27 janvier prochain, la Maison européenne de la photographie consacre une grande rétrospective au travail de la photographe Bettina Rheims qui, depuis près de quarante ans, n’a cessé d’interroger les codes de la féminité.   

 

Par Alexis Pierçon-Gnezda


Depuis plus de vingt ans, un véritable questionnement philosophique, littéraire, historique s’est développé au sujet du genre et de la sexualité. Qu’est-ce qu’être un homme ? une femme ? La masculinité et la féminité sont-elles des catégories fixes et naturelles ? Leur distinction est-elle si nette ? Dès 1990, avec son livre devenu incontournable, Trouble dans le genre, la philosophe américaine Judith Butler démontrait comment notre identité est toujours construite par des normes sociales. Le genre, comme ce que nous devons, à chaque moment, réitérer.

 

L’itinéraire d’une artiste qui tout au long de sa carrière n’a cessé de s’interroger, de nous interroger, sur les codes de la féminité.

 

Les artistes ont également pris part à ce grand mouvement éminemment politique et critique. En consacrant une exposition au travail de Bettina Rheims, la Maison européenne nous permettra de découvrir l’itinéraire d’une artiste qui tout au long de sa carrière n’a cessé de s’interroger, de nous interroger, sur les codes de la féminité. Et ce dès les années 1989-1990 avec la série Modern Lovers. Dans cette série, Bettina Rheims décide de mettre en scène, de façon particulièrement épurée, des corps de femmes dénudées tout en révélant leur ambiguïté profonde, leur androgynie essentielle. Des portraits émouvants et intimidants qui nous interrogent et nous mettent à distance de ce que l’on croyait le plus ancré en nous-mêmes. Bettina Rheims s’est expliquée sur la genèse de cette série : « Un soir de septembre 1989, à la fin d'un casting, une grande fille brune aux cheveux courts est entrée dans le studio. Elle m'a troublée autant par son physique que par son comportement.

J'avais auparavant l'habitude de choisir un certain type de filles très féminines, et ne prêtais plus guère attention aux autres.

Josie avait un visage de jeune garçon. Elle bougeait, elle parlait aussi avec une sorte d'indifférence agressive, comme un adolescent. Son ample blouson dissimulait ses formes. Je ne m'expliquais pas mon trouble. Je l'ai photographiée, sans maquillage, nue, de profil les mains sur les seins.

J'ai photographié quelques jours plus tard, un garçon très doux, aux longs cheveux de fille, d'une beauté remarquable. En posant les images côte à côte, j'ai eu l'idée des Modern Lovers. »

En 2011, à Düsseldorf, Bettina Rheims poursuit ce travail avec la série Gender Studies qui aborde le thème de la transsexualité. La photographe continue, inlassablement, à questionner les normes, à les subvertir en faisant appel, via Facebook, à celles et ceux qui ont changé de sexe ou refusent de se laisser enfermer dans une catégorie bien délimitée pour devenir ses modèles. Grâce à un dispositif qui lie son et image, ce sont 27 portraits sonores qui sont ainsi présentés.

 

L’œuvre de Bettina Rheims travaille, comme on le voit, sur la frontière, son passage, là où elle disparaît ou s’estompe. Dans la série Shanghai, en 2002, l’artiste tente de saisir, tout en les éternisant, ces rencontres paradoxales, dans la mégalopole, entre les traditions millénaires et une modernité effrénée. Ce sont des visages ou des corps de femmes de tous les milieux qui sont ainsi représentés : danseuses, abbesses, surveillantes de quartier, actrices et qui témoignent de ces contrastes intriguants, souvent déconcertants.

 

C’est près de 180 photographies qui seront exposées, sur les trois étages de la Maison européenne de la photographie, et qui permettront à toutes et à tous de se familiariser avec le travail de Bettina Rheims pour peut-être porter un nouveau regard sur notre actualité.

 

Pratique :

 

Lieu : Maison européenne de la photographie – 5/7 rue de Fourcy – 75004 PARIS.

Tél. : 01.44.78.75.00.

Métro : Ligne 1 arrêt Saint-Paul – Ligne 7 arrêt Pont Marie – Ligne 11 arrêt Hôtel de Ville.

Bus : Rue de Jouy | Bus n° 69 - 79 - 96 – Rue Vieille du temple Mairie du 4e | Bus n° 96

Saint Paul | Bus n° 69 - 76 - 96 - Bb - N11 - N16.

Vélib’ : Station n°4010 | 105-109 Terre plein Saint Paul – Station n°4011 | 18 rue de l'Hôtel de Ville – Station n°4012 | 2 rue Tiron  - Station n°4015 | 25 rue du Pont Louis-Philippe.

Parkings : Parc Baudoyer | Parc Pont Marie | Parc Lobau.

Horaires : Du mercredi au dimanche de 11h à 19h45.

Tarifs entrées : 8€ plein / 4.5€ réduit.

 

Du 27 janvier au 27 mars 2016.

 

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