Point de vue : Claude Lévêque sous le plus grand chapiteau du monde

 

 

En résidence au Louvre depuis 2014, l’artiste Claude Lévêque, qui aime à travailler in situ, a décidé d’investir les lieux à sa façon…   

 

Par Alexis Pierçon-Gnezda


Au départ, il y a un néon rouge qui s’étend du sommet de la grande pyramide jusqu’à sa base. « Une mise en incandescence », dit-on. Il s’agit pour Claude Lévêque de distribuer les résonnances nocturnes d’un tel dispositif sur l’architecture alentour. Puis, dans les fossés médiévaux du Louvre, on découvre des chaises de jardin renversées à terre, éparpillées, des toiles blanches très légères qui se meuvent sous l’action de ventilateurs. Un fond musical également, plutôt électronique et impersonnel. La lumière est inégalement répartie créant ainsi une ambiance tamisée. Comme l’artiste le dit lui-même « La lumière et le son sont des moyens de métamorphose complète ».

Mais malheureusement, le tout ne « prend » pas, pour deux raisons.

    

D’abord, on ne perçoit pas clairement la dimension conceptuelle de ces deux œuvres. C’est un défaut de sens qui vient vicier ces deux installations, incapables qu’elles sont de susciter en chacun un questionnement, une réflexion. Les explications de Claude Lévêque sont quant à elles particulièrement minces. Le néon rouge témoignerait ainsi, selon lui, de la foudre qui s’abat sur la pyramide. Les chaises renversées dans les fossés médiévaux, simple prolongement du néon rouge, auraient pour objectif de susciter une plongée dans un monde onirique. Il ne suffit pas d’une musique très légèrement psychédélique pour créer un tel univers ! Il faut s’y résoudre, les deux installations restent complètement hermétiques !

 

On pourrait penser que l’artiste privilégie la sensation sur le sens. Mais là encore le résultat est plutôt raté. Les jeux de lumière sur les bâtiments que produit le néon rouge sont complètement invisibles. Seuls des montages photographiques sont susceptibles d’en explorer toute la singularité. Les sensations que l’on peut ressentir dans les fossés médiévaux sont plutôt agréables mais à aucun moment en mesure de produire quelque métamorphose que ce soit. C’est un dispositif vraiment banal et sans grande originalité que construit là Lévêque et que l’on peut retrouver au quotidien dans beaucoup d’autres lieux (centres commerciaux, boîtes de nuit, bar, etc.).

            

On peut considérer ces deux installations comme un pur caprice. Elles témoignent d’un manque flagrant de conceptualisation, de recherche esthétique et s’apparentent finalement à de purs produits de consommation comme savent en créer nos sociétés occidentales.

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Commentaires : 1
  • #1

    Lila Denk (vendredi, 03 février 2017 17:25)


    You actually make it seem so easy with your presentation but I find this topic to be really something which I think I would never understand. It seems too complicated and extremely broad for me. I am looking forward for your next post, I will try to get the hang of it!