Dominique Gonzalez-Foerster. 1887 - 2058

jusqu'au 1er février 2016


Le Centre Pompidou consacre une grande exposition-installation, rétrospective et prospective, à l'artiste Dominique Gonzalez-Foerster. C'est tout un monde imaginaire et profondément onirique qui s'empare de la Galerie Sud, un assemblage hétéroclite de pièces pour produire en tout un chacun les sensations les plus originales.


Par Alexis Pierçon-Gnezda


De Dominique Gonzalez-Foerster, on peut dire qu'elle est née en 1965, à Strasbourg, qu'elle vit actuellement entre Rio de Janeiro et Paris. Qu'elle a aussi constitué, dans les années 1990, un trio avec Philippe Parreno et Pierre Huyghe en reprenant le personnage de manga Ang Lee. Mais parler véritablement de son travail n'est pas chose aisée. Performances ? Installations ? Cinéma ? Peut-être rien de tout cela, ou un peu de tout cela. On trouve bien plutôt, dans le travail de Dominique Gonzalez-Foerster, la tentative toujours renouvelée et approfondie de repousser les limites, les frontières pour faire coexister tous ces genres dans des paysages, des chambres, des environnements habités par sensations et sons déroutants.


L'exposition du Centre Pompidou se présente comme un véritable labyrinthe au sein duquel se déploient dans toute leur étrangeté une trentaine d'installations. Incontestablement, c'est le motif de la chambre qui revient le plus souvent et qui travaille la production de Dominique Gonzalez-Foerster depuis le début de son parcours. On se rappelle peut-être de la chambre de Mishima et surtout de celle de Fassbinder, qui date de 1982, toute revêtue de miroirs comme pour éclairer des ébats sexuels. Et pour cause. C'est entre ces murs que nous refondons, nuit après nuit, notre identité, un lieu où nous pouvons lire, rêver, imaginer, contempler. Le visiteur pourra ainsi  pénétrer dans cette chambre vide et blanche dont les points cardinaux diffusent une information continue qui nous pénètre et nous étouffe.


C'est dans une mémoire collective que puise Dominique Gonzalez-Foerster pour créer ces installations : littérature, cinéma, musique, architecture, tout est bon ! Témoignant par là de sa communauté d'esprit avec d'autres auteurs et créateurs, vivants ou morts, dont les œuvres ont marqué l'artiste depuis 1887 jusqu'à 2058. Que ce soit Oscar Niemeyer, l'architecte de Brasilia ou encore l'écrivain colombien Roberto Bolaño. Ces présences invitées, susciteront en chacun un ensemble de questions, de sensations. Une invitation, presque, à la méditation. Plusieurs climats, en tout cas, sont crées sinon figurés, pour s'étaler sur trois siècles, pour réunir le temps et/ou l'espace d'une exposition trois siècles. Pourquoi 1887 alors ? La date de naissance de la modernité, c'est-à-dire de Duchamp et Le Corbusier.


Il n'est pas étonnant en tout cas que cette monographie débute par le souvenir de l'artiste de l'exposition Duchamp en 1977 au Centre Pompidou, alors qu'elle n'avait que 12 ans. C'est un monde qui garde l'empreinte de Duchamp et de ses successeurs, de cette insistance sur l'oeuvre d'art ouverte, parachevée par le spectateur qui pourra parcourir, selon ses envies, ce foisonnant labyrinthe en puisant lui-même dans son imaginaire personnel. 


Commissariat de l'exposition : Emma Lavigne (Directrice du Centre Pompidou de Metz).


Pratique : 


Lieu : Centre Georges Pompidou – Place Georges-Pompidou – 75004 Paris.

Tél. : 01.44.78.12.33

Métro : Ligne 1 – Arrêt Hôtel-de-Ville / Ligne 11 – Arrêt Rambuteau.

RER : Lignes A, B et D  - Arrêts Châtelet-Les Halles. 

Horaires : Tous les jours sauf le mardi de 11h à 21h – Nocturne le jeudi jusqu'à 23h.

Tarifs entrée : 14€ plein / 11€ réduit – Gratuit pour les moins de 18 ans. 


Jusqu'au 1er février 2016.


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