Que tout disparaisse (ou la dissémination de l'art)

Jusqu'au 8 novembre 2015

 

Vingt ans après son premier succès à la Serpentine Gallery de Londres, l' expositon "Take

me (I'm yours)", conçue par Christian Boltanski et Hans Ulrich Obrist est à nouveau créée à la

Monnaie à Paris. Une exposition inclassable qui brise tous les rapports traditionnels qui existent

entre l'art et son public.

 

Par Alexis Pierçon-Gnezda


Décidément, la Monnaie de Paris ne finit pas de nous surprendre ! Après sa transformation en usine à chocolat lors de sa réouverture en octobre 2014 avec la Chocolate Factory de Paul McCarthy, c'est un projet artistique tout aussi original qui s'invite dans ses salons du 18e siècle. Et pour cause, le célèbre bâtiment parisien devient le lieu périodique d'un échange libre et inventif entre artistes et visiteurs. Tous sont appelés à entrer véritablement en interaction avec les œuvres en les touchant, les modifiant et même en les emportant contre deux euros ou quelque broutille. Tout comme pour les pièces de monnaie, c'est ici le caractère proprement disséminal de l'art qui se trouve mis en valeur. Par-delà la contemplation distante et respectueuse, il s'agit de questionner le rapport même à l'oeuvre d'art mais aussi le mythe de son unicité. Bien plus, ce modèle basé sur l'échange et le partage n'est pas exempt, semble-t-il, d'une certaine critique des circuits économiques habituels du marché de l'art.

 

Une trentaine d'artistes ont accepté de collaborer à cette exposition dont, notamment, Yoko Ono, Gilbert et Georges, Hans-Peter Feldman, Bertrand Lavier et Lawrence Weiner. Des artistes s'investissent vraiment dans l'exposition. On pourra ainsi repartir avec une capsule d'air proposée par Yoko Ono, ou encore avec un « os de bonheur » fabriqué en continu par une imprimante 3D sous l'impulsion d'Angelika Markul. À côté de ces petits objets à emporter, sera offerte la possibilité pour chacun de laisser un message de paix sur un arbre à vœux conçu par Yoko Ono et placé sur l'escalier d'honneur, de telle sorte que tout le monde puisse le lire. Et tout devra disparaître à la fin de l'exposition !

 

L'installation ne cessera alors de se transformer, d'évoluer sous l'influence des visiteurs et de leurs diverses interactions avec les œuvres présentées. En ce sens, on peut voir ici, nettement, une illustration concrète de ce qu'est l'art contemporain, de son paradigme. De plus en plus, l'art contemporain tend à se dématérialiser, à déborder ses propres limites matérielles qui lui sont assignées en appelant, pour se parachever, la participation des visiteurs qui deviennent eux aussi, en un certain sens, créateurs. Si l'exposition insiste sur la dissémination de l'oeuvre d'art, elle met en lumière tout autant la dissémination inhérente au processus créatif. C'est donc la porosité des frontières, des rôles semble-t-il solidement établis qui est ici explorée ! L'art ne vise plus la simple contemplation mais l'expérimentation !

Notons enfin que l'écrivain Frederico Nicolao présentera une chronique quotidienne de l'exposition sur Instagram (#kikerikidide)

 

Commissariat de l'exposition : Christian Boltanski, Hans Ulrich Obrist et Chiara Parisi (Directrice  des programmes culturels de la Monnaie de Paris).


Pratique : 

 

Lieu : Monnaie de Paris – 11, Quai de Conti – 75006 Paris.

Tél. : 01.40.46.56.66.

Métro : Ligne 4 – Arrêts Odéon et Saint Michel / Ligne 7 – Arrêt Pont Neuf / Ligne 10 – Arrêt Odéon.

RER : Ligne A – Arrêt Châtelet / Ligne B – Arrêts Châtelet et Saint Michel / Ligne C – Arrêt Saint Michel. 

Bus : Lignes 24 et 27 – Arrêt Quai des Grands Augustins / Lignes 58 et 70 – Arrêt Pont Neuf.  

Vélib' : Station n° 6013 – 1, Rue Jacques Callot / Station n°6014 – 7, Rue du Pont de Lodi / Station n° 6001 – 5, Quai Malaquais / Station n° 1001 – 41, Quai de l'Horloge. 

Horaires d'ouverture : Tous les jours de 11h à 19h – Nocturne le jeudi jusqu'à 22h.

 

Tarifs entrées : 12€ plein / 8€ réduit.


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