L'estampe visionnaire de Goya à Redon

Du 1er octobre 2015 jusqu'au 17 janvier 2016


Le Petit Palais consacre une grande exposition à l'univers fantastique de l'estampe. L'estampe visionnaire : de Goya à Redon présente 170 œuvres issues des collections du Département des Estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France. L'occasion de découvrir les thèmes de prédilection de la gravure et de la lithographie du 19e siècle parmi lesquels le cauchemar, la paysage habité, le macabre.

Par Alexis Pierçon-Gnezda


Doré, L'Enfer / Crédit : (c) BnF
Doré, L'Enfer / Crédit : (c) BnF

 

L'exposition est placée sous le signe du triomphe du noir. Âmes sensibles, s'abstenir ! La vidéo d'Agnès Guillaume qui convoque dans un ballet les oiseaux noirs des nuits d'insomnie donne tout de suite le ton du parcours ! L'estampe, au 19e siècle, a véritablement été un terrain privilégié à la disposition des artistes pour exprimer un univers composé de pulsions et de peurs archaïques. A ce titre, l'estampe peut sembler un réel exutoire pour exprimer un surnaturel que le rationalisme et la logique rejettent catégoriquement.

 

 

L'exposition met d'abord en valeur les figures tutélaires qui ont définitivement inspiré l'art de l'estampe et qui n'ont cessé d'être réinterprétées tout au long du 19e siècle. On découvrira alors La Mélancolie d'Albrecht Dürer (1471-1528), La Tentation de Saint-Antoine de Jacques Callot (1592-1635) ou encore Le Docteur Fautus de Rembrandt (1606-1669). Si l'inspiration fantastique reste un invariant pour la gravure et la lithographie, il ne faut pas croire qu'elle reste néanmoins figée. Elle a évolué tout au long du 19e siècle. Ainsi, la première génération, romantique, celle d'Eugène Delacroix (1798-1863) a été profondément marquée par Les Caprices de Goya (1746-1828) – une satire de la société espagnole de la fin du 18e siècle, et surtout de la noblesse et du clergé – mais aussi par la figure omniprésente du diable que l'on retrouve même dans l'art populaire. Une deuxième section est consacrée au néo-romantisme dont Gustave Doré (1832-1883) reste l'incarnation. On pourra alors découvrir ses compositions s'inspirant de L'Enfer de Dante éditées en 1861. Enfin, le parcours s'achève sur le symbolisme inauguré par Odilon Redon (1840-1916) avec Dans le rêve, sa première création. 

 

 

Monde volontiers onirique que celui des estampes, c'est aussi une atmosphère bien particulière qui nous est ici présentée : un romantisme noir, inquiétant mais tout aussi fascinant qui semble renverser l'échelle des valeurs coutumières. On pourrait y voir, sans doute, le prolongement d'une tradition carnavalesque : s'autoriser, provisoirement, à remettre en cause la logique rationnelle qui domine le monde. Une exposition qui permettra également de découvrir d'autres artistes, moins connus, tels que Alphonse Legros, François Chliffart ou encore Marcel Roux.

 

Commissariat de l'exposition : Valérie Sueur-Hermel (Conservatrice en chef au Département des Estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France, commissaire scientifique de l'exposition) et Gaëlle Rio (Conservatrice au Petit Palais).


Pratique :


Lieu : Petit Palais – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris – Avenue Winston Churchill – 75008 Paris. 

Tél. : 01.53.43.40.00.

Métro : Lignes 1 et 13 – Station Champ-Elysées Clémenceau.

RER : Ligne C – Station Invalides.

Bus : Lignes 28, 42, 72, 73, 80, 83, 93.

Vélib' et Autolib' : Avenue Dutuit.

Horaires : Du mardi au dimanche de 10h à 18h – Nocturne le vendredi jusqu'à 21h.

Tarifs entrée : 10€ plein / 7€ réduit.


Du 1er octobre 2015 au 17 janvier 2016.


+ d'infos et renseignements ici

 

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