Florence: portraits à la cour des Médicis

Jusqu'au 25 janvier 2016 


Du 11 septembre au 25 janvier 2016, le Musée Jacquemart-André consacre une grande et belle exposition à l'art du portrait tel qu'il s'est développé à Florence au 16e siècle. On pourra notamment découvrir, à travers une quarantaine d’œuvres, l'évolution des canons esthétiques aux temps du Cinquecento qui répond aux nombreux bouleversements politiques qu'a connus la célèbre cité italienne.


Par Alexis Pierçon-Gnezda


Portrait d'Éléonore de Tolède - Agnolo Bronzino (1522)
Portrait d'Éléonore de Tolède - Agnolo Bronzino (1522)

Au 16e siècle, à Florence, l'art du portrait n'est, à aucun moment, dénué de signification politique. Il représente et met en lumière les différentes luttes pour le pouvoir dans la cité. L'exposition du Musée Jacquemart-André, organisée thématiquement, permet incontestablement d'éclairer l'art par l'histoire et réciproquement. Ainsi, aux portraits austères, présents dans la première section du parcours, d'hommes et de femmes complètement acquis aux valeurs stoïciennes de retenue et de maîtrise de la République de Savonarole (1452-1498) vont succéder ceux des condottiere en armes, ces héros au service de Cosme de Médicis (1519-1574), symboles des conflits militaires pour l'affirmation de la puissance de la dynastie. Une troisième section est quant à elle plus généralement consacrée aux portraits de la cour des Médicis qui soulignent le luxe et l'élégance de ces productions dotées d'une valeur somptuaire propre. On prendra plaisir à observer la sophistication des portraits de Bronzino (1503-1572), le portraitiste le plus en vogue à la cour, et de Salviati (1510-1563) qui ont mis en œuvre un véritable maniérisme pictural. L'un des portraits les plus majestueux de l'exposition est, à n'en pas douter, celui d'Andrea del Sarto (1486-1530) qui peint une jeune femme au regard mutin dont il est probablement amoureux comme en témoigne dans son corsage un petit bouquet de fleurs d'oranger et de violettes qui souligne le sentiment amoureux et le désir secret du mariage.

 

Les portraits, à cette époque, ont une double fonction. Il s'agit tout autant de mettre en avant, pour les contemporains comme pour la postérité, l'image des souverains mais également de donner une vision intime et d'exprimer les pensées des personnages de cour. Ces portraits, on s'en aperçoit, sont commandés à des fins de propagande pour asseoir toujours plus la domination des Médicis sur la cité italienne. On sera ainsi sensible au portrait de Cosme de Médicis par Bronzino qui le peint, vers 1544, dans tout l'éclat de sa jeunesse, revêtu d'une armure pour mettre en avant ses tendances belliqueuses. Puis vers 1560, habillé de soie et de fourrure pour donner de lui l'image d'une monarque prospère et posé.

 

Par ailleurs, en ce siècle pétri d'humanisme, la littérature occupe une place prédominante. Beaucoup de personnages sont dépeints tenant dans leurs mains des livres dont le texte est lisible. On ne peut envisager le portrait florentin sans faire référence à la langue toscane qui nourrit réellement cet art maniériste. L'influence de Pétrarque (1304-1374), Boccace (1313-1375) et Dante (1265-1321), poètes fondateurs de l'identité et de la culture florentines a été, en effet, décisive. Il ne faut pas oublier, non plus, que Cosme de Médicis a soutenu, largement, l'Académie florentine des Belles Lettres dédiée à la promotion de la langue toscane.

 

Les peintres, eux non plus, ne sont pas en reste ; les autoportraits témoignent du rôle nouveau que s'attribuent les artistes à la cour, en tant que courtisans et représentants officiels de la dynastie. Ils suivent en cela les préceptes du Livre du Courtisan de Baldassare Castiglione (1478-1529) qui décrit la nouvelle fonction des lettrés et des artistes au service des princes.

 

Commissaire de l'exposition : Carlo Falciani, professeur d'Histoire de l'art moderne à l'Académie des Beaux-Arts de Florence.

 

Pratique :

 

Lieu : Musée Jacquemart-André – 138, Boulevard Haussmann – 75008 Paris.
Tél. : 01.45.62.11.59.

Métro : Lignes 9 et 13, Stations Saint-Augustin, Miromesnil ou Saint-Philippe du Roule. 

RER : Ligne A, Station Charles de Gaulle-Étoile.

Bus : Lignes 22, 43, 52, 54, 28, 80, 83 84, 93.

Vélib': Station Rue de Berri.

Parking : Haussman-Berri, au pied du musée. 

Horaires : Tous les jours de 10h à 18h. Nocturnes le lundi jusqu'à 20h30.

Tarifs entrée : 12€ plein / 10€ réduit. 


Jusqu'au 25 janvier 2016.


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Commentaires : 3
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