Splendeur des bas-fonds parisiens au XIXème siècle

Du 22 septembre prochain au 20 janvier 2016


Le Musée d'Orsay consacre une exposition

exceptionnelle au monde de la prostitution parisien – « Splendeurs et misères. Images de la

prostitution à Paris 1850 ­-1910 » – qui revient, notamment, sur la véritable fascination que ce fait

social a pu exercer sur nombre d'artistes durant toute la seconde moitié du 19e siècle.


Par Alexis Pierçon-Gnezda

Incontestablement, entre le Second Empire et la Belle Époque, la prostitution reste à Paris un phénomène massif et incontournable au caractère volontiers insaisissable. Il n'y a pas la prostitution, mais de multiples formes de prostitution qui parsèment tout l'espace urbain. On se

souvient aujourd'hui surtout des maisons closes, considérées alors comme un « mal nécessaire » par une politique réglementariste voire hygiéniste en lutte contre les maladies prophylactiques ; il ne faut pas oublier néanmoins la prostitution sur les boulevards, au théâtre ou encore l'opéra. Les boudoirs et salons font eux aussi partie du paysage parisien, lieux de sociabilité masculine, synonymes d'initiation et de transgression ! Si la « cocotte » parisienne en reste le personnage typique et pittoresque, on trouve au sommet de la hiérarchie les « courtisanes » qui manifestent

leur réussite sociale à travers le raffinement de leurs parures et le luxe des hôtels particuliers qu'elles se font aménager. Ce qui conduit à rendre toujours plus poreuses les frontières entre le monde et le demi­-monde.

 

Le monde de la prostitution féminine n'aura bien évidemment pas échappé aux artistes et écrivains. En 1869, dans L’Éducation sentimentale, Flaubert reviendra longuement sur la fascination de Frédéric Moreau et de son ami Deslauriers pour la maison close de la « Turque ». Guy de Maupassant, quant à lui, mettra en scène la surnommée Boule de suif, une jeune prostituée, dans une nouvelle du même nom en 1880. Les artistes peintres ne sont pas en reste : ils ont sans cesse exploré toutes les ressources de leur art pour représenter ces réalités parisiennes.

 

Cette exposition constitue ainsi l'occasion de découvrir un Paris interlope à travers, notamment, les incursions de Munch et de Toulouse ­Lautrec dans les maisons closes. Mais également de voir ou revoir l'Olympia de Manet (1863) – un véritable scandale à l'époque ! ­- représentant une prostituée de luxe. Les cafés, brasseries à femmes et cafés­-concerts voient, au même moment, se développer de nouvelles formes de prostitution : Degas ou encore Van Gogh y trouveront leurs modèles de femmes en proie à l'ivresse mélancolique. Une réalité fantasmée le plus souvent par ces peintres !

 

Cette exposition, qui aborde aussi ce phénomène dans ses dimensions sociales et culturelles à travers la peinture de Salon et la photographie, nous permet surtout de découvrir comment furent perçues les femmes dans la société de l'époque. Tantôt l'image dominante des femmes fatales, prescriptrices dans le domaine de la mode et du bon goût, qui mettent à mal la domination masculine, telles qu'elles sont allégorisées dans les œuvres de Félicien Rops et de Gustav Adolf Mossa. Tantôt, dans l'imagerie symboliste et décadente de la fin du siècle, les femmes et les prostituées deviennent indissociables pour former une entité menaçante, incarnation de tous les vices. La prostitution aura donc, indéniablement, marqué la peinture moderne.

 

Commissariat de l'exposition :

 

Marie Robert et Isolde Pludermacher, conservateurs au musée d'Orsay.

Richard Thomson, professeur d'histoire de l'art à l'Université d'Edimbourg.

Nienke Bakker, conservateur au van Gogh Museum, Amsterdam.

 

Pratique :

 

Lieu : Musée d'Orsay – 1, Rue de la Légion d'Honneur – 75007 PARIS

Tél : 01.53.63.04.63

Métro : Ligne 12 – Station Solférino

RER : Ligne C – Station Musée d'Orsay

Bus : Lignes 24, 63, 68, 69, 73, 83, 84, 94

Parkings : Parking du Carrousel du Louvre – Parking du Bac Montalembert

Horaires : Du mardi au dimanche de 9h30 à 18h00 – Nocturne le jeudi jusqu'à 21h45

Tarifs entrées : 11€ plein / 8,50 € réduit


Du 22 septembre 2015 au 20 janvier 2016


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