Pol Bury: instants donnés

Jusqu'au 23 septembre 2015


À l'occasion du dixième anniversaire de sa disparition, la Fondation EDF de Paris consacre toute une rétrospective à l'artiste Pol Bury. 80 œuvres nous sont ainsi présentées – sculptures, photographies, maquettes – pour découvrir cet artiste qui, après être passé par le surréalisme, s'est surtout illustré dans l'art cinétique.

Par Alexis Pierçon-Gnezda

La dernière rétrospective consacré à Pol Bury remontre maintenant à 1982 au Musée d'art moderne de la ville de Paris. Sans doute en raison de son usage massif de l'électricité dans ses productions, la Fondation EDF a donc décidé de lui rendre hommage. L'électricité oui, mais pas que ! Pol Bury se signale par un véritable éclectisme au niveau des matériaux choisis. Comme beaucoup des artistes de sa génération, la frontière peut paraître mince entre l'art et l'artisanat. C'est ainsi que pour son œuvre Multiplans, en 1957, l'artiste utilisera aussi bien le bois et le liège que l'acier inoxydable ou encore le laiton. Grâce à un moteur électrique, des baguettes en bois à quatre face et disposées verticalement, recouvertes de formes géométriques, sont mises en mouvement à un rythme très lent. Une telle installation permet alors la recomposition et la décomposition ininterrompues de compositions abstraites.

    Né en 1922 à Haine-Saint-Pierre en Belgique, Pol Bury débute sa carrière par des tableaux d'inspiration surréaliste, mouvement alors à son apogée en Belgique. Il rencontre ainsi Magritte et collaborera à sa revue L'invention collective en 1940 puis participera à l'Exposition universelle du surréalisme en 1945. Se tournant de plus en plus vers l'abstraction à partir de la fin des années 1940, il suscite l'incompréhension chez ses camarades surréalistes qu'il quitte alors.

    En 1956, Pol Bury fait une rencontre capitale : ce sont les œuvres mobiles du sculpteur américain Calder. Bury abandonne dès lors la peinture. C'est désormais l'art cinétique qui l'occupera jusqu'à la fin de sa vie en engageant toute une réflexion sur le mouvement dans les arts et en réalisant ses premiers « plans mobiles ». Le mouvement est toujours très lent dans ses œuvres et crée inéluctablement la surprise...au point de penser qu'il n'est qu'une illusion ! Il faut prendre tout son temps pour l'observer. « La vitesse limite l'espace, la lenteur le multiplie » écrit-il dans Le temps dilaté. Il s'agit pour lui de modifier la perception du temps et de l'espace à travers ce mouvement lent, mais tout aussi bien de conduire le spectateur à renouveler sa propre perspective, en la décuplant et l'enrichissant. Cette volonté de modifier les perceptions l'amène également à déstructurer des éléments comme en témoignent ses nombreuses photographies représentant par exemple la Tour Eiffel complètement distordue.

    Pol Bury aura incontestablement permis un renouvellement dans l'art des fontaines. On peut tout spécialement mentionner les deux fontaines à boules de la place du Palais Royal à Paris qui lui sont commandées en 1981 par Jack Lang. Ce sont des fontaines sous forme de billes qui semblent stables sur une surface plane mais qui, pourtant, sont aimantées. On retrouve toujours le mouvement lent. Toutes les œuvres de Pol Bury demandent un véritable investissement de la part du spectateur pour adopter une toute autre perception de l'environnement. Cette exigence de concentration aura surtout été très appréciée au Japon.

Commissariat de l'exposition : Daniel Marchesseau en collaboration avec Velma Bury.

Pratique :


Lieu : Espace Fondation EDF – 6, rue Récamier – 75007 Paris.

Tél. : 01.53.63.23.45

Métro : Lignes 10 et 12 – Arrêt Sèvres-Babylone.

Horaires : Du Mardi au Dimanche de 12h à 19h (sauf jours fériés).

Tarifs entrées : Gratuit.


+ d'infos

Écrire commentaire

Commentaires : 0