Chagall, Soulages, Benzaken, l'art du vitrail contemporain


Jusqu'au 21 septembre 2015


A travers près de 130 pièces présentées dans des conditions exceptionnelles – vitraux, maquettes, reproductions authentifiées par les artistes – la Cité de l'architecture et du patrimoine de Paris nous permet de découvrir l'art du vitrail, qui connaît une véritable expansion depuis 1945 en France.


Par Alexis Pierçon-Gnezda

Soulages - Représentation symbolique de l'Eucharistie - Abbatiale Sainte-Foy de Conques (Aveyron)
Soulages - Représentation symbolique de l'Eucharistie - Abbatiale Sainte-Foy de Conques (Aveyron)

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, beaucoup d'églises et cathédrales sont complètement détruites du fait des bombardements survenus durant le conflit. La période de reconstruction va être l'occasion de développer un véritable art du vitrail contemporain par une collaboration étroite et active entre peintres verriers et artistes. Qu'il s'agisse de Raysse, Tremlett, ou encore Soulages, de nombreux artistes, à la renommée internationale, vont s'employer à créer, de façon innovante, les vitraux de nombreux bâtiments, civils comme religieux.

C'est la cathédrale de Metz qui fera figure de pionnière dans ce domaine : elle sera la première à recevoir des vitraux d'avant-garde commandés à Chagall, Villon et Bissière. Elle ouvrira alors la porte à de nouvelles tentatives de ce genre, que ce soit l'église Saint-Jacques de Reims ou l'église Saint-Séverin de Paris. Le plus grand chantier européen sera celui de la cathédrale de Nevers entre 1976 et 2011 pour remplacer les vitraux détruits lors de la Seconde Guerre mondiale. L’État fera appel à cinq artistes majeurs : Ubac, Alberola, Viallat, Rouan et Honegger, ce qui ne manque pas de susciter de nombreuses interrogations quant à la rencontre entre l'art contemporain et le sacré.


Les artistes s'appuient notamment sur des motifs abstraits pour éviter de concentrer l'attention sur des points précis. Ce sont généralement des couleurs puissantes comme le bleu qui sont utilisées et ce sur de larges surfaces pour créer un réel émoi passionnel. Néanmoins, l'art du vitrail va se développer également hors des lieux de culte. Permettant de distribuer massivement la lumière comme de la diffuser afin de créer une atmosphère spécifique, le vitrail va être l'objet d'un  renouvellement esthétique. C'est ainsi que de nombreux artistes vont s'éloigner de l'abstrait pour retrouver la figuration. La nature redevient pour beaucoup d'entre eux une source pérenne d'inspiration. En 1997, à Varennes-Jarcy, Carole Benzaken s'attache tout particulièrement au motif de la tulipe, fleur sauvage, symbole, selon elle, de la mutation et de la transmission.


L'exposition constitue une première en présentant tout au long d'un parcours chronologique, de 1945 à nos jours, une cinquantaine de vitraux à hauteur des yeux pour susciter un véritable choc esthétique ! Pour ne pas priver les édifices religieux de leurs vitraux, la plupart des pièces sont des emprunts à des collections privées et publiques, notamment à celle du Centre national des arts plastiques.


Commissariat : Véronique David, chercheur, Centre André Chastel
Laurence de Finance, conservatrice générale du patrimoine, Cité de l’architecture & du patrimoine
Emily Rawlinson-Mazeri, attachée de conservation, Cité de l’architecture & du patrimoine, commissaire associée


Pratique :


Lieu : Cité de l'architecture et du patrimoine – Palais de Chaillot – 1, Place du Trocadéro – 75016 Paris
Tél : 01 58 51 52 00
Métro : Lignes 6 & 9 – Arrêt Trocadéro
RER : Ligne C – Arrêt Champ de Mars Tour Eiffel
Bus : Lignes 22, 30, 32, 63, 72, 82
Batobus : Arrêt Tour Eiffel
Vélib' : 4, Avenue d'Eylau
Parking : 65, Avenue Kléber
Horaires d'ouverture : Tous les jours sauf de le mardi 11h à 19h et le jeudi jusqu'à 21h
Tarifs entrées : 5€ plein / 3€ réduit


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