Germaine Krull, ou l'avant garde dans le 8ème art

Jusqu'au 27 septembre 2015

 

Le Jeu de Paume nous invite à découvrir le travail de la

photographe allemande Germaine Krull (1897­1985) à travers 130 tirages d'époque et de

nombreux extraits de livres et de magazines qui rendent compte du destin d'une femme

profondément enracinée dans les combats politiques de son époque – spartakisme, résistance – et

d'une sensibilité accrue aux mouvements artistiques avant­ gardistes.


Par Alexis Pierçon-Gnezda

Autoportrait à l'Icarette - ~ 1925
Autoportrait à l'Icarette - ~ 1925

Germaine Krull. Ce nom nous dit vaguement quelque chose, mais il serait sans doute difficile pour la plupart d'entre nous de citer, immédiatement, l'un de ses tirages. Et pour cause. En

raison d'un fonds éclaté et d'une carrière assez courte, le travail de Germaine Krull demeure encore aujourd'hui peu connu du grand public. Pourtant, elle reste l'une des photographes les plus importantes du 20e siècle.


L'histoire de Germaine Krull n'a cessé de rejoindre celle de son siècle. Proche du mouvement spartakiste allemand puis du communisme, elle fréquenta notamment les dadaïstes berlinois et les expressionnistes. La politique et les avant-­gardes artistiques vont donc profondément inspiré le travail de la photographe allant jusqu'à créer une tension dans son œuvre. Jamais elle ne sacrifiera aux revendications esthétiques et interprétatives du surréalisme ou encore du Bauhaus. La photographie, pour Germaine Krull, restera toujours une tentative pour saisir la vie quotidienne dans son immédiateté. Ainsi s'ouvre son ouvrage de 1930, Etudes de nu : « le vrai photographe, c’est le témoin de tous les jours, c’est le reporter ». Tous ses tirages s'organisent autour des nombreuses innovations, dans les années 1930, concernant le reportage et l'illustration photographique.


De par sa sensibilité politique ancrée à gauche, Germaine Krull ne cessera de se faire sinon le porte­-parole du moins le témoin de ces innombrables et minuscules petites vies urbaines que ce soient les clochards, les bals, les portraits de femmes ouvrières tout en étant très attentive aux multiples transformations que connaît alors l'espace urbain durant l'entre­-deux­ guerres avec notamment le trafic automobile et l'architecture métallique, objets significatifs pour toutes les avant­ gardes de l'époque. La condition féminine et le nu féminin resteront également parmi ces thèmes de prédilection. Ces photographies constituent ainsi de véritables « documents de la vie sociale » selon ses propres termes.


Germaine Krull travaillait constamment en vue de la publication de ses photographies dans les magazines. A travers ces clichés, rétrospectivement, c'est également son parcours dans un siècle particulièrement tourmenté par les conflits guerriers que l'on découvre, de son engagement dans la France libre et notamment au sein de la 1ère Armée française jusqu'à son séjour en

Indochine, en 1946, comme correspondante de guerre, l'occasion pour elle de découvrir l'Asie du Sud­ Est d'où sont tirés de très nombreux clichés sur l'art bouddhique.


L'exposition du Jeu de Paume tente ainsi une approche nouvelle du travail de Germaine Krull en saisissant son équilibre intrinsèque : l'aspect esthétique lié aux avant­-gardes des années 1930 indissociable d'une fonction véritablement documentative et illustrative.


Commissaire de l'exposition: Michel Frizot, historien de la photographie

Pratique :


Lieu : Jeu de Paume – 1, Place de la Concorde – 75008 Paris
Tél : 01.47.03.12.50
Métro : Lignes 1, 8, 12 – Station Concorde
Bus : Lignes 24, 42, 72, 73, 84, 94
Horaires : Le mardi de 11h à 21h, du mercredi au dimanche de 11h à 19h
Tarifs entrées : 10€ plein / 7,50€ réduit

Jusqu'au 27 septembre 2015


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