Les arts décoratifs italiens au Musée d'Orsay

Jusqu'au 13 septembre 2015

 

A travers l'exposition Dolce vita ? Du Liberty au design italien, le Musée d'Orsay nous

propose une plongée dans l'Italie du début du 20e siècle où les arts décoratifs qui se développent

alors de façon importante traduisent un véritable désir de progrès. Une centaine d’œuvres nous

sont présentées tout au long d'un parcours chronologique pour revenir sur cette période souvent

méconnue.

Par Alexis Pierçon-Gnezda

Pierre Cardin, bar Coccinelle, bois, laque, plexi, 2000
Pierre Cardin, bar Coccinelle, bois, laque, plexi, 2000

Les arts décoratifs italiens sont l'héritier d'une longue tradition artisanale et artistique mais, dans un pays nouvellement unifié, ils expriment aussi un véritable climat d'optimisme et de confiance dans la modernité qui se traduit par une inventivité accrue. Ainsi, artistes et artisans vont collaborer ensemble et fonder ainsi l'Art Nouveau Italien appelé aussi Liberty. Le mouvement connaît alors son apogée lors de l'Exposition internationale des arts décoratifs modernes de Turin en 1902. Carlo Bugatti y présente des meubles revêtus de parchemins, aux formes fantastique et zoomorphes tandis que le ferronnier Alessandro Mazzucotelli expose ses œuvres inspirées de la nature.

 

L'exposition est aussi l'occasion de redécouvrir le mouvement futuriste italien, fondé par le poète Phillippo Tommaso Marinetti en 1909, qui rejette les conventions esthétiques académiques et bourgeoises. S'y fait jour une véritable volonté de progrès et de vitesse. A travers ces œuvres d'art, il s'agit de saisir « l'éternelle vitesse omniprésente ». Cette esthétique est volontiers révolutionnaire car elle entend placer le spectateur au centre du tableau et se traduit à travers un « simultané de la vision » s'exprimant par une compénétration des formes et des couleurs. Aussi, en février 1910, les artistes Giacomo Balla, Umberto Boccioni, Carlo Carrà, Luigi Russolo et Gino Severini répondent à l'appel de Marinetti en signant le Manifeste des peintres futuristes. Se trouve clairement exprimée l'ambition de « rendre et de magnifier » les « miracles de la vie contemporaine ».

 

Néanmoins, malgré cette aspiration collective à l'innovation artistique, la seconde moitié des années 1910 voit de nouveaux artistes voulant rompre avec les avant­ gardes et retrouvant les leçons des maîtres anciens, qu'il s'agisse de Giotto ou Pierro della Francesca. C'est dans ce contexte que naît en 1922 le Novecento Italiano. Les artistes s'emploient à puiser dans le passé pour fonder un « classicisme moderne » reposant sur la pureté des formes et l'harmonie des compositions. Ainsi, l'architecte Gio Ponti crée des motifs décoratifs inspirés de manière humoristique de la mythologie antique. Le Novecento deviendra dès lors l' « art officiel » du régime fasciste.

 

L'exposition s'achève par une présentation du mouvement rationaliste italien – qui donnera naissance au design industriel – fondé en 1926 par un groupe de jeunes architectes lombards parmi lesquels Giuseppe Terragni, le « Gruppo 7 ». Ce sont notamment des meubles épurés, sans aucune ornementation qui sont ainsi conçus. Une fusion apparaît alors entre le monde des arts et celui de la production en série avec l'utilisation de matériaux nouveaux comme les tubes métalliques. Le Meuble Radio de Franco Albini et la Lampe « Bilia » de Gio Ponti sont représentatifs de ce nouveau mouvement.

 

Cette épopée artistique italienne aura exprimé une véritable aspiration au changement et à la modernité, marquée par une croyance dans le progrès...dans un contexte historique particulièrement sombre, qui débouchera sur le fascisme mussolinien. L'exposition permet de s'interroger sur ce paradoxe : comment une telle créativité peut­elle s'épanouir dans un pays qui

s'achemine vers la catastrophe ?


Commissariat:


Guy Cogeval, président de l'Etablissement public des musées d'Orsay et de l'Orangerie

Beatrice Avanzi, conservateur au musée d'Orsay

Irene de Guttry, historienne de l'art

Paola Maino, historienne de l'art

Pratique :

Lieu : Musée d'Orsay – 1, Rue de la Légion d'Honneur – 75007 PARIS

Tél : 01.53.63.04.63

Métro : Ligne 12 – Station Solférino

RER : Ligne C – Station Musée d'Orsay

Bus : Lignes 24, 63, 68, 69, 73, 83, 84, 94

Parkings : Parking du Carrousel du Louvre – Parking du Bac Montalembert

Horaires : Du mardi au dimanche de 9h30 à 18h00 – Nocturne le jeudi jusqu'à 21h45

Tarifs entrées : 11€ plein / 8€ réduit


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