Jean-Paul GAULTIER : De la rue aux étoiles

du 1/04 au 3/08/2015

 

Créée en 2011 à Montréal, après San Francisco, New-York ou encore Rotterdam, l’exposition Jean-Paul Gaultier s’est installée au Grand Palais, pour rendre hommage et retracer le parcours d’un « enfant terrible » qui, en près de quarante ans, a révolutionné le paysage de la mode française. Réalisée par le Musée des beaux-arts de Montréal avec la Réunion des musées nationaux Grand Palais et la Maison Jean-Paul Gaultier, cette exposition offre l'opportunité de découvrir des pièces crées entre 1970 et 2013.

Par Alexis Pierçon Gnezda

Le contraste est saisissant, mais néanmoins réussi. C’est un Grand Palais modernisé que l’on découvre en visitant cette exposition où sont réunies 175 pièces de prêt-à-porter et de haute couture, parmi lesquelles certaines sont inédites. On retrouvera bien évidemment la célèbre marinière ou encore la jupe pour homme, véritable révolution dans les années 1980. C’est tout l’univers de Jean-Paul Gaultier, éclectique, qui nous est ici présenté.

 

Il ne s’agit en aucun cas d’une simple rétrospective nous faisant découvrir les créations de Jean-Paul Gaultier. Dès l’entrée, c’est la jeunesse du créateur qui nous est présentée : son ours en peluche « Nana », son premier modèle, des photos de son enfance passée en banlieue à Arcueil, sa grand-mère, personnage capital dans son évolution et son envie de devenir couturier, son premier contrat d’embauche chez Pierre Cardin en 1970, alors qu’il n’a que dix-huit ans. Sont en outre exposés de nombreux croquis, des archives, des vidéos de défilé et d’émission.

 

D’incontestables fulgurances apparaissent au fil du parcours dont, notamment, le défilé reconstitué des parisiennes – Punk Cancan présenté par la voix de Catherine Deneuve. C’est un univers foncièrement subversif qui se fait jour, excentrique, à l’image du créateur toujours désireux de diversité. On saisit toute la démarche de Jean-Paul Gaultier : s’efforcer constamment de dépasser les normes et canons de beauté imposés par la mode comme par la morale. Les Muses sont nombreuses, de Conchita Wurst à Madonna en passant par Arielle Dombasle, Mylène Farmer ou Yvette Horner.

 

Jean-Paul Gaultier a néanmoins épousé son temps. Par ses créations, il a véritablement souhaité suivre la remise en cause des normes dominantes et l’émergence du mouvement gay et lesbien dans les années 1980. C’est une toute autre façon d’appréhender les corps, et notamment le corps masculin, qui se fait jour. Un véritable mélange des genres se produit alors : la masculinité comme la féminité ne sont pas des catégories fixes. Tout individu renferme en lui du masculin comme du féminin. En témoigne la sulfureuse jupe pour homme. Gaultier s’explique : « Un homme ne porte pas sa masculinité dans ses vêtements. Sa masculinité est dans sa tête ». Les femmes apparaîtront au contraire comme des dominatrices. « J’aime les femmes fortes », reconnaît-il.

 

Cette exposition traduit assurément l’incroyable ascension du couturier et l’étendue tant déroutante que révélatrice de son aptitude à s’affranchir des codes dominants. Ou comment l’acte créateur se nourrit de la destruction des repères traditionnels.

 

Sous la direction de Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef.

Thierry-Maxime Loriot, commissaire de l’exposition.

Pratique :

 

Grand Palais – 3, avenue du Général Eisenhower – 75008 PARIS

 

Tél. : 00 33 (0)1 44 13 17 17

 

Métro :Lignes 1, 9, 13, Stations Franklin-D.-Roosevelt, Champs-Elysées-Clémenceau

 

RER :Ligne C, Station Invalide

 

Bus :Lignes 28, 42, 52, 63, 72, 73, 80, 83, 93.

 

Parkings :Rond-point des Champs-Elysées, Place de la Concorde, Parc François-1er, Alma Georges-V, Champs-Elysées Lincoln, Matignon

 

Vélib’ : Station n°8029, 1, avenue Franklin-D.-Roosevelt, Station n°8001, avenue Dutui

 

Navette Fluviale (Batobus) : Arrêt Champs-Elysées.

 

Tarifs entrée : Plein : 13 € / Réduit : 9€

 

Horaires : Dimanche et lundi de 10h à 20h

Du mercredi au samedi de 10hà 22h

Fermé le mardi

 

Jusqu’au 3 Août 2015.

 

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